Crelan annonce la suppression de 160 équivalents temps plein en 4 ans

La direction de Crelan a expliqué son "plan de croissance" ce mercredi
La direction de Crelan a expliqué son "plan de croissance" ce mercredi - © RTBF

Un conseil d'entreprise s'est déroulé ce mercredi matin au siège central de la banque coopérative Crelan, à Anderlecht. La direction a annoncé la suppression de 160 équivalents temps plein sur quatre ans. Afin de diminuer les coûts, Crelan passera de 810 à 650 équivalents temps plein d'ici 2020, et 88 employés iront à la pension, a expliqué le CEO de la banque Luc Versele. Cela signifie que l'effort à réaliser ne correspond en fait qu'à un peu moins de la moitié du nombre de réductions d'équivalents temps plein annoncé.

Il n'est pas question d'un licenciement collectif, selon Luc Versele, qui entend limiter tant que faire se peut le nombre de licenciements secs via des départs naturels, la mobilité interne, des aménagements de fin de carrière et de l'outsourcing.

Ce dernier a indiqué que que Crelan avait fait un "bon parcours" en 2015: avec un seuil de solvabilité de 16,5% (sans la fraude dont la banque a été victime il y a quelques mois, il serait de 17%), "on est un des meilleurs élèves de la classe aussi bien en Belgique qu’en Europe".

"Notre ratio de solvabilité le montre : la banque se porte bien. Suite à la fraude, la Banque nationale a demandé d'analyser. Mais on est pas du tout mis sous tutelle" a-t-il tenu encore à préciser.

"Pas question de chercher un partenaire extérieur"

"Nous ne voulons pas maximaliser nos bénéfices, mais bien les optimaliser, afin que notre banque reste saine, à l'avenir également. C'est pour cela que nous sommes obligés de revoir l'organisation de nos services internes, mais également d'introduire de nouvelles formes d'organisation", a encore expliqué le CEO de Crelan.

"On restera une banque 100% belge et coopérative. Il n'est pas question de chercher un partenaire extérieur" a assuré Luc Versele. En raison de l'évolution des revenus, des taux bas, le conseil d'administration a décidé de faire évoluer le coefficient d'exploitation de 79,2% à 65% d'ici 2020.

"Il y a aussi le monde qui change et avec lui, le comportement des clients. On a donc dû élaborer un plan de réorganisation pour une banque plus tournée vers le digital", a-t-il encore justifié.

La banque a également annoncé une enveloppe de 140 millions d'euros pour un "plan de croissance" passant par une croissance du nombre de collaborateurs dans les agences, un plan de numérisation, l'élargissement du modèle de bancassurance ou un investissement dans l'asset management (gestion d'actifs). Crelan va en outre renforcer son réseau d'agents indépendants au moyen de 250 collaborateurs.

Indignation des syndicats

Pour les syndicats de la banque Crelan, l'annonce de ce mercredi est vécue comme une douche froide. Le secrétaire permanent du SETCA Finances Pierre Merveille fait part de son indignation: "Même si on nous dit que sur les départs futur, il y a 88 personnes 'pensionnables', il reste 70 personnes. Et on ne nous a pas bien expliqué comment ils allaient disparaître. S'agit-il de départs volontaires ou de licenciements? On n'est pas au courant. Non seulement il y a 20% de postes qui disparaissent, mais après cela la direction nous annonce qu'ils vont repenser le package salarial de leurs employés. C'est aussi un élément très inquiétant".

Les syndicats espèrent la concertation sociale. La direction a précisé qu'il n'y aurait pas de licenciement collectif. La procédure Renault ne sera donc pas lancée mais les syndicats espèrent pouvoir conclure des accords. "Des accords, par exemple, sur les primes de départ, sur la mobilité interne, etc.", explique Michael Vandenbroucke du syndicat chrétien.

Le responsable doute que l'objectif de la direction de ne pas procéder à des licenciements secs soit réalisable: "160 équivalents temps plein, c'est plus de 200 personnes. On peut se demander si c'est réalisable dans le timing spécifié".

Aucune date n'a encore été arrêtée pour un prochain conseil d'entreprise. Les syndicats espèrent en tous cas lancer la concertation sociale le plus vite possible afin de rassurer le personnel.

Le ministre de l'Emploi et de l’Économie Kris Peeters (CD&V) prendra contact avec la direction de Crelan dans le courant de la journée pour avoir des explications sur les pertes d'emplois annoncées. "Il est regrettable que des emplois disparaissent une fois de plus dans le secteur bancaire. Je vais demander des explications à Crelan", a déclaré le ministre.

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