Crashs des 737 MAX : La débâcle économique ne fait que commencer pour Boeing

Trois jour après le crash, le constructeur aéronautique américain a perdu environ 30 milliards de dollars de capitalisation boursière. Boeing fait en fait l'objet de reproches sérieux: manque de communication, manque d'information, et minimisation d'un "problème manifestement récurrent" sur son modèle 737 max. Plusieurs pilotes américains avaient d'ailleurs rapporté fin 2018, sur une base de données anonyme de la Nasa, des incidents rencontrés aux commandes du Boeing 737 MAX 8.


La débâcle continue pour le constructeur aéronautique Boeing. Ce dimanche, un avion "737 Max" - de la compagnie Ethiopian Airlines, s'est écrasé. l'accident a fait près de 160 morts. Depuis, la liste des pays et des régions du monde qui ont décidé de clouer au sol le modèle d'appareil impliqué dans le crash,s'allonge à une vitesse impressionnante. Et en fait, il ne reste quasiment plus que l'Amérique du Nord qui continue à faire voler ce Boeing 737 max - Etats-Unis et Canada.

On pourrait même se demander s’ il n’y a pas là un lobby politique derrière pour maintenir à tout prix le 737 max en vol

Mais du reste, le ciel mondial se ferme au Boeing 737 Max. C’est assez étonnant de voir cette réaction "à deux vitesses": "l’ensemble du monde d’un côté, qui dit ne plus vouloir voler avec ce type d’avions, faute d’informations permettant de dire que l’avion est dangereux ou peu dangereux…. et d’un autre côté les Etats-Unis – et le Canada qui continuent à voler avec ce type d’avions sans trop poser de questions. On pourrait même se demander s’il n’y a pas là un lobby politique derrière pour maintenir à tout prix le 737 max en vol – en sachant qu’il pèse deux tiers de l’activité économique de Boeing", glisse Jean Collard, consultant et spécialiste de l'aéronautique.

Manque d'informations

la Chine a en tout cas réagi très rapidement et a immobilisé sa flotte de l'avion au sol. Rétorsion économique, sur fond de guerre commerciale?C'est possible. Cela dit, le problème fondamental se situe bien chez Boeing, "Dans le cadre de l’information que Boeing laisse transparaître pour l’instant, il y a une sorte de minimisation de la réalité de ce qui s’est passé", glisse Jean Collard. "Le marché, les investisseurs, les experts, attendaient plus d'informations de la part de Boeing. Pour pouvoir mieux comprendre dans quelle mesure l'accident de dimanche est ou non le signe d'un problème plus étendu. Et même actuellement, Boeing est encore en déficit d’information".

Boeing a perdu en crédibilité

Le cœur du problème, c'est donc la manière que l'entreprise a eu de communiquer. Ou plutôt de ne pas communiquer.
Le marché, les investisseurs, les experts, attendaient dès lundi plus d'informations de la part de Boeing. Pour pouvoir mieux comprendre dans quelle mesure l'accident de dimanche est ou non le signe d'un problème plus étendu. 

En tout cas le cours de bourse de Boeing a en définitive bel et bien piqué du nez. Et c'est environ 30 milliards de dollars en valorisation boursière qui ont été perdus en trois jours. Signe que côté investisseurs, la méfiance est désormais de mise. Mais la situation pourrait être bien plus grave encore. Parce que le risque majeur ne se situe pas dans l'immédiat, ou dans les jours qui viennent. L'enquête va tenter de déterminer les causes du crash de dimanche. De celui d'il y a cinq mois aussi...puisque pour rappel les causes ne sont toujours pas établies. Avec cette question:Jusqu'où des modifications techniques vont devoir être faites sur tous les appareils, par le constructeur américain?

Les coûts de redéploiement de l’appareil pourraient être absolument phénoménaux

"Les coûts des changements pour transformer et sécuriser les appareils sont estimés aujourd’hui à 2 millions de dollars par appareils. Pour les quelques centaines d’appareils déjà construits. Mais le nombre de commandes sur chaine est tellement élevé que nous parlerions de plusieurs milliards de dollars sur les années qui viennent. En sachant que l’on produit grosso modo deux Boeing 737 par jour, cela implique donc une centaine de millions de dollars par mois pour améliorer transformer et sécuriser l’appareil".

Boeing est un des fleurons américains, un emblème, au même titre qu'un Coca-Cola, un Apple...Même les Etats-Unis peuvent donc sortir de ce dossier amaigris, économiquement. Ne serait-ce à nouveau qu'en termes de réputation et de crédibilité.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK