Covid-19 : le secteur des assurances " rassure " les employeurs et leur personnel

Covid-19 : le secteur des assurances « rassure » les employeurs et leur personnel
Covid-19 : le secteur des assurances « rassure » les employeurs et leur personnel - © BRUNO FAHY - BELGA

 

La crise du Coronavirus a fortement perturbé le monde des entreprises. Employeurs, employés ont vu leurs habitudes modifiées. Confinement, télétravail, arrêt des activités, autant de chamboulement qui ont pu et peuvent encore susciter des questions au sujet de la couverture en assurances des entreprises et de leur personnel.

A ce stade, explique-t-on chez Assuralia, la fédération du secteur des assurances, il est encore trop tôt pour quantifier l’impact de la crise du Coronavirus sur le secteur. Les compagnies d’assurances ont anticipé les mouvements.
Elles ont ainsi observé des réductions d’activités dans certains domaines. " On a un certain nombre d’assurances qui fonctionnent sur la base de la masse salariale ou sur la base du chiffre d’affaires. C’est évident que pour ces assurances-là, il va y avoir une révision à la baisse des encaissements, vu qu’il y a une baisse de l’activité assurée et qu’il y a un automatisme qui fonctionne ", explique Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia. C’est le cas par exemple des polices d’assurance " accidents du travail " et des assurances " responsabilité civile " dans les entreprises.

Peu d’entreprises assurées contre la perte d’exploitation

En revanche, dans d’autres domaines, il y a eu des besoins accrus de protection. D’autres risques ont dû être couverts. Les entreprises ont posé des questions au secteur des assurances concernant la couverture de la perte d’exploitation. Malheureusement, pour la plupart d’entre-elles, il n’y avait pas de couverture prévue. En général, la perte d’exploitation est couverte dans le cade des polices d’incendie et intervient généralement si la perte intervient suite à un sinistre comme un incendie, une explosion ou une tempête et que le site d’exploitation est affecté. Il est peu fréquent que des entreprises ou des événements soient couverts contre le risque de pandémie, comme l’explique Wauthier Robyns, d’Assuralia, car on parle ici de situations auxquelles peu d’entreprises s’attendaient : " des situations dans lesquelles les entreprises n’ont pas été touchées par des choses qui se sont produites sur le site de l’entreprise même mais qui se produisent du fait de l’arrêt de l’activité économique par décision gouvernementale ou du fait de la survenance de la pandémie ". Ceux qui avaient prévu ce risque ont pu s’en féliciter. Le secteur des assurances s’attend donc qu’à l’avenir plus d’entreprises envisagent de se prémunir contre le risque de pandémie. Le marché de ce type d’assurances est peu développé en Belgique. Quelques compagnies proposent des produits " risque de pandémie ".

Déconfinement, retour au travail et questions d’assurances

Avec le déconfinement et le retour progressif de plus en plus de salariés sur leur lieu de travail, on pourrait s’attendre à ce que les employeurs s’inquiètent plus qu’avant de leur couverture contre les risques supplémentaires que ce retour au travail pourrait engendrer. Selon Assuralia, il n’en est rien.

Des questions se sont posées lorsqu’il a fallu mettre les salariés en télétravail. De nombreux employeurs se sont demandé si leur personnel était assuré de la même manière contre les risques du travail, accidents de travail, etc. Les assurances ne font aucune différence entre un travailleur sur site et un autre en télétravail.

Des questions pourraient se poser quant à une éventuelle responsabilité d’une entreprise qui déciderait de demander à son personnel de revenir travailler dans les locaux de la société. Selon Assuralia, les entreprises sont couvertes autant qu’avant le Coronavirus à partir du moment où elles respectent les mesures préconisées par les autorités. Il faudrait un " comportement anormalement imprudent " pour que la responsabilité soit engagée. Dès lors, en cas de contamination d’un travailleur, c’est l’assurance maladie qui serait compétente et Fedris, l’Agence fédérale des risques professionnels, ce qu’on appelait le Fond des maladies professionnelles, le cas échéant.

Quant à la contamination d’une tierce personne, un visiteur, par exemple, là aussi, il faudrait un comportement fautif, anormalement imprudent pour qu’une entreprise ne soit pas couverte par son assurance responsabilité civile habituelle.

Le cas des assurances hospitalisation

En Belgique, 8 millions de personnes sont couvertes par une assurance hospitalisation, dont une bonne partie dans le cadre d’un contrat collectif conclu par un employeur. Ce type d’assurance est considéré comme un avantage extralégal s’arrête lorsque le contrat est rompu. Logiquement, la mise au chômage économique de travailleurs en lien avec le Coronavirus aurait dû signifier la suspension des contrats d’assurance hospitalisations des personnes concernées. Tous les assureurs actifs en Belgique se sont entendus, explique Assuralia, pour assurer la continuité de ces contrats, même en cas de mise au chômage économique. Les salariés et souvent leurs familles sont donc toujours couverts en cas d’hospitalisation. Une seule exception à ce principe : si l’employeur explicitement demande l’interruption du contrat, pour ne pas payer les primes, par exemple. Dans ce cas, il doit avertir le salarié qui peut choisir de payer lui-même la prime pour continuer à être couvert. Pour ce qui est des primes à payer par l’employeur, un délai de 6 mois, jusqu’en septembre prochain a été accordé aux employeurs qui seraient en difficulté à cause d’un ralentissement de leurs activités.