Business et coronavirus: passé le lockdown, les opérations de fusion-acquisition d'entreprises reprennent de plus belle

Covid-19 : Après le lockdown, les opérations de fusion-acquisition d’entreprises ont toujours la cote
Covid-19 : Après le lockdown, les opérations de fusion-acquisition d’entreprises ont toujours la cote - © James W. Welgos - Getty Images

La maison Ann Demeulemeester qui passe sous pavillon italien, c’est le dernier exemple d’une entreprise, belge dans ce cas, qui passe dans les mains d’une autre. Actuellement, en Belgique, comme en Europe et dans le reste du monde des entreprises changent de propriétaires ou fusionnent. Entre logique commerciale ou industrielle et bonnes affaires à saisir, toutes les raisons existent pour que ces opérations se réalisent.

Ann Demeulemeester, entreprise anversoise du secteur de la mode est donc désormais italienne, passant dans le giron d’Antonioli, un groupe de mode propriétaire de plusieurs magasins, notamment. Selon l’Echo qui publie l’information, cela faisait plusieurs mois que la vente était envisagée. La maison Demeulemeester rencontrait des difficultés financières, avec une baisse du chiffre d’affaires à la clé.

La crise du Covid-19 ne semble pas avoir arrêté les rachats et les fusions d’entreprises

Crise du Covid ou pas, la reprise de la société Demeulemeester par l’acheteur italien a bien eu lieu. Une illustration que le lockdown du printemps 2020 n’a pas forcé l’arrêt des affaires. C’est ce que constatent d’ailleurs ceux qui aident les entreprises engagées dans des opérations de rachat, de vente ou de fusion, comme l’explique Me Pierre-Olivier Mahieu, spécialiste des fusions et acquisitions chez Allen & Overy : " Pour le moment, on est fort occupé. On a beaucoup de boulot ", dit-il. " Pendant le lockdown, rien ne s’est arrêté. Les transactions qui étaient en cours ont continué. Certaines ont été suspendues ou ralenties mais pas mal d’entre elles sont maintenant reparties. On a de l’activité M&A liée à des situations d’urgence, mais il y a aussi transactions classiques qui démarrent ou poursuivent leur cours", poursuit Me Pierre-Olivier Mahieu.

La crise du Covid a peut-être accéléré le sens des affaires, amenant certaines entreprises à être plus rapidement rachetables. " J’ai quelques dossiers, où des deals sont en train de se faire parce qu’un des parties est fort touchée dans un secteur qui est fort atteint par le Covid ", explique Me Pierre-Olivier Mahieu. Une situation qui donne aussi des idées à d’autres : " Cela peut motiver d’autres parties qui avaient envie de faire un deal depuis longtemps à se dire que c’est peut-être le moment d’y aller parce qu’on va plus facilement les laisser investir ou plus facilement accepter de leur vendre vu la situation ", poursuit Pierre-Olivier Mahieu, d’Allen & Overy.

Des rachats et des fusions un peu partout dans le monde

" Le marché est assez actif, pas qu’en Belgique. On le voit aussi au niveau global. Ce n’est pas la haute conjoncture, mais il n’y a pas ce qu’on a eu dans certaines autres grandes crises, notamment lors de la crise financière de 2008, où tout à coup tout s’arrêtait ", explique Pierre-Olivier Mahieu.

Plusieurs exemples de fusions ou de rachats sont en cours de réalisation dans des secteurs d’activité variés. Dans l’industrie des microprocesseurs, l’américain Nvidia a annoncé le rachat du britannique Arm pour 40 milliards de dollars, de quoi en faire probablement le mariage le plus cher de l’année, si les autorités de la concurrence donnent leur aval.

Naissances de géants

Autre exemple, dans le domaine bancaire, il se murmure avec insistance que deux grandes banques suisses UBS et Credit Suisse travailleraient à une fusion, de quoi créer un géant du secteur bancaire européen.

Toujours dans le secteur de la finance, en Espagne, le projet de fusion entre Bankia et Caixabank pourrait engendrer la création de la plus grande banque d’Espagne.

Dans le secteur des télécoms, Liberty Global, actionnaire majoritaire de Telenet, en Belgique, a annoncé une offre d’acquisition de Sunrise Communications, provoquant l’envolée du cours de Bourse de cette société.

La crise du coronavirus offre des opportunités

En France, Veolia veut lancer une OPA, une offre publique d’achat, sur son rival Suez. L’annonce a été faite à la fin du mois d’août. Véolia et son patron, Antoine Frérot, sont prêts à débourser 9,7 milliards d’euros pour créer un " super champion mondial de la transformation écologique ".

Le fait qu’Engie, l’actionnaire de Suez, souhaite s’alléger de sa filiale a été jugé comme une opportunité par Véolia pour qui le contexte est idéal. Selon son patron, " la crise du coronavirus offre des opportunités, dans la mesure où les plans de relance de l’économie vont être axés sur l’environnement ". Une preuve de plus que la crise du Covid-19 n’a pas que ralenti des affaires, elle en accélère aussi d’autres.

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