Coup de tonnerre dans un ciel gris: Standard & Poor's dégrade les USA

Drapeau américain
Drapeau américain - © EPA

L'annonce a fait l'effet d'une bombe lundi. L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la perspective de la dette américaine. Les Etats-Unis conservent leur fameux triple A et restent donc parmi les débiteurs les plus sûrs de la planète mais leur notation pourrait être dégradée dans les deux ans si une vraie solution n'était pas apportée pour réduire un déficit budgétaire très élevé.

Les marchés ont très mal digéré cette nouvelle, d'autant qu'elle s'est ajoutée aux difficultés européennes.

Pendant le week-end, les réunions du G20 et du Fonds Monétaire International ont étalé au grand jour les problèmes des uns et des autres et, surtout, leur incapacité à y faire face.

Pour l'Europe, c'est la crise des dettes souveraines avec cette question lancinante : la Grèce pourra-t-elle échapper à une restructuration de sa dette ?

Un vrai scénario catastrophe, démenti dans toutes les langues,  mais pris au sérieux par les marchés.

Les bourses européennes ont piqué du nez lundi.

Et, sur ce terrain déjà chaud, est tombée la menace de Standard & Poor's sur la notation des Etats-Unis.

L'agence de notation a-t-elle raison ?

On peut retenir deux chiffres.

La dette publique des Etats-Unis est à 32.600 euros par habitant et en Belgique à 31.500.

Le déficit budgétaire américain sera à 10 % du Produit Intérieur Brut cette année et à 3,6% chez nous.

Mais on ne prête qu'aux riches, et les Etats-Unis restent la première puissance économique de la planète. Ils n'ont donc jamais eu de problème pour se financer.

Mais la situation s'aggrave et il y a un risque de blocage entre le président démocrate Obama et la majorité républicaine du Congrès.

Et certains grands créanciers des Etats-Unis, surtout les pays émergents, commencent à s'inquiéter.

Donc Standard & Poor's joue son rôle : attirer l'attention des prêteurs sur un risque potentiel.

 

Michel Visart

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