Coup de frein aux exportations de bières belges vers la Chine

Les chinois sont de grands amateurs de bières belges. Mais depuis quelques semaines les commandes chinoises vers les brasseries belges sont freinées voire interrompues. Au plus la part de la production destinée à l’exportation est grande, au plus au plus l’impact économique est important, évidemment. Petit tour d’horizon et prise de température auprès de quelques brasseurs.

Du côté de Binche, on regarde la situation de loin. La Binchoise n’exporte pas vers l’Empire du Milieu. À la Brasserie Saint-Feuillen au Roeulx, comme à la Brasserie des Fagnes, à Mariembourg, l’impact est minime. Seuls deux à trois pourcents de la production de ces deux entreprises prennent le chemin de la Chine. "J’ai quelques commandes qui sont en attente, mais nous ne misons pas sur l’exportation. C’est une part très faible de nos activités", nous dit Frédéric Adant, le propriétaire de la Brasserie des Fagnes. "J’avais des contacts pour tripler les exportations pour la Chine, cette année. Mais cela attendra, ce n’est vraiment pas grave pour nous".

Même si elle est évidemment beaucoup, beaucoup plus grande que les précédentes citées, la Brasserie de Chimay, dispose en Extrême Orient d’un marché important. Les exportations vers la Chine, Hong-Kong et Taïwan sont d’ores et déjà stoppées et l’on s’attend à ce que les marchés coréens en japonais se ferment à leur tour. Si la situation dure, les pertes pourraient s’avérer importantes.

Une situation plus critique à la Brasserie du Val de Sambre

"Nous exportons en moyenne 6 conteneurs de 40 pieds chaque mois, vers la Chine", explique Frédéric Colinet, Maître-brasseur à la Brasserie du Val de Sambre. "Mais depuis quelques semaines, les commandes sont interrompues. Cela représente un chiffre d’affaires de plus ou moins 200.000 euros par mois. Il faut savoir qu’en Chine, 70% des activités Horeca, cafés, restaurants, hôtels… sont fermées. Il y a aussi des fermetures dans la grande distribution".

Les exportations vers la Chine représentent 40% de la production totale de la brasserie qui est dès lors très impactée par ce ralentissement du marché chinois.

"Nous sommes une jeune entreprise", poursuit Frédéric Colinet. "Nous avons investi 10 millions d’euros dans nos nouvelles installations à Thuin. Il faut payer le personnel mais nous avons aussi des traites bancaires à honorer. Or pour l’instant, nous n’avons plus aucune rentrée de la Chine".

Les contacts chinois du Maître-brasseur laissent entrevoir, selon un scénario optimiste, une reprise progressive des importations chinoises à partir de la fin de ce mois et un retour à la normale pour le mois de juin. "Heureusement, le marché existe toujours et s’ouvrira à nouveau. Tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre des jours meilleurs", conclut Frédéric Colinet, en philosophe impuissant.

Mais ce qui est perdu est perdu. Dans le meilleur des cas, les pertes liées à cette interruption temporaire des exportations vers la Chine représenteront entre 15 et 20% du chiffre d’affaires annuel de la Brasserie du Val de Sambre.

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