Coronavirus : plusieurs publicités font déjà l'objet de plaintes

Cette publicité digitale pour une marque de lunettes a été signalée au Jury d'éthique publicitaire.
Cette publicité digitale pour une marque de lunettes a été signalée au Jury d'éthique publicitaire. - © POLETTE

Le marché publicitaire est en chute libre : la RTBF vous en parlait il y a quelques jours. Mais les campagnes qui viennent d’être lancées, qu’elles aient été pensées récemment ou programmées depuis plusieurs semaines, n’échappent pas au JEP, le Jury d’éthique publicitaire. Celui-ci a déjà reçu des plaintes et des questionnements, concernant des publicités en lien direct ou pas avec l’épidémie de coronavirus.

Passez chez votre conseiller

"Il est d’une part fait référence à des publicités qui semblent aller à l’encontre des mesures des pouvoirs publics en lien avec le coronavirus / Covid-19", indique le JEP. "Il s’agit alors de publicités contenant des messages du style : 'passez chez votre conseiller', 'venez dans notre showroom', 'nos magasins restent ouverts en semaine', etc. Ces publicités ont probablement été créées et programmées avant la crise actuelle. Il y a d’autre part des plaintes portant sur des publicités faisant référence au renforcement du système immunitaire, en mentionnant ou non spécifiquement le coronavirus."

Deux masques offerts à l’achat d’un produit

Le JEP annonce également avoir reçu des plaintes concernant "une communication publicitaire digitale d’un annonceur étranger précisant que deux masques étaient offerts à l’achat du produit en question. Cette publicité a entre-temps été retirée". Il s’agit de la marque de lunettes Polette, embarquée dans ce bad buzz.

On l’a dit : certaines campagnes ont certainement été imaginées avant la mise en place des mesures de confinement. "Le Conseil de la Publicité a donc immédiatement appelé ses membres à faire preuve de tact et de prudence dans leurs communications." Pour rappel, un annonceur ou un publicitaire doit se confirmer aux règles du Code de la Chambre de commerce internationale. Le contrôle d’une publicité ne se fait donc généralement qu’a posteriori, après diffusion.

Dès lors, quelques recommandations sont émises aux publicitaires. Tout d’abord, éviter "les références non pertinentes à la crise liée au coronavirus" dans le cadre de nouveaux messages publicitaires et veiller "à ce qu’ils ne mettent pas en scène des comportements portant atteinte aux mesures prises par les pouvoirs publics".

Aucun problème dans des circonstances normales

Ensuite, si une campagne est déjà planifiée ou si elle est recyclée, il faut porter "une attention particulière aux circonstances actuelles. […] Une campagne qui n’aurait pas posé de problèmes dans des circonstances normales peut à présent être perçue comme inappropriée par le public".

Le JEP demande également de ne pas jouer avec les sentiments de peur, ni de mentionner d’allégations "explicites ou implicites sur l’efficacité spécifique" d’un produit pour prévenir le coronavirus ou lutter contre celui-ci.

En Flandre, la société Gervi, qui vend des jacuzzis et des saunas, a été épinglée par les autorités de contrôle de la publicité. Dans une récente campagne, celle-ci affichait ce slogan en néerlandais : "Utilisez nos saunas, nos cabines vapeur et nos cabines infrarouges et protégez vous et votre famille contre le coronavirus". Mais aussi : "Le coronavirus vous empêche de dormir ? Votre spa Hotspring peut vous aider." Ce mardi, le JEP a demandé l’arrêt ou la modification de ces deux campagnes.

 

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