Coronavirus : où sont donc les robots qui allaient remplacer le travail humain ?

Nous vivons une accélération de la digitalisation et de l’automatisation des entreprises. Et pourtant, cela a rarement été aussi flagrant : sans des travailleurs humains, rien ne tourne.

Certes, il y a la force de certaines images : celles de drones de plus en plus nombreux qui livrent des paquets à domicile. Celle presque absurde d’un robot chinois en forme de tank guerrier, qui asperge du désinfectant à l’air libre.

Ce que la situation actuelle nous démontre certainement, c’est à quel point nous avons besoin de l’humain dans la plupart des chaînes de valeur.

Cela n’empêche pas les rues d’être arpentées par des coursiers livreurs, bien humains. Cela n’empêche pas les hôpitaux d’être remplis plus que jamais de personnel soignant bien humain.

En Belgique le besoin de main-d’œuvre est même criant, plusieurs secteurs recherchent aujourd’hui des intérimaires.

Transport de marchandises, paramédical, agroalimentaire, Où sont donc les robots qui allaient supposément nous remplacer ? En substance, pas encore là.

Amazon engage 100.000 personnes

Amazon a annoncé il y a quelques jours vouloir engager 100 mille personnes supplémentaires. Est-ce que Amazon va arrêter de robotiser ses magasins, ou sa logistique ? Non, bien sûr. Mais la demande est telle chez Amazon, que les robots ne savent pas suivre.


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"Ce que la situation actuelle nous démontre certainement, c’est à quel point nous avons besoin de l’humain dans la plupart des chaînes de valeur", explique Nicolas Van Zeebroeck, professeur d’économie digitale à Solvay.

Nos chaînes logistiques, de services dépendent très largement du travail humain. La robotisation n’est pas aussi aboutie qu’on pourrait parfois le craindre.

Le risque d’une accélération

Cela dit, il y a bien un risque que cette période puisse "être un élément déclencheur qui pourrait convaincre un certain nombre d’entreprises du potentiel de la technologie digitale et robotique pour automatiser un plus grand nombre de tâches, et dès lors, de lancer une nouvelle vague, une accélération de l’automatisation pour s’affranchir autant que faire se peut du facteur humain. Bien sûr, on n’atteindra pas une automatisation complète, et c’est tant mieux. Mais on pourrait craindre que ceci soit aussi la démonstration que l’on pourrait se passer, en partie, de l’humain".

Machines capables de prouesses

"Parce que l’on voit que les machines sont capables d’un certain nombre de prouesses, à la frontière des compétences. Certains robots et drones sophistiqués accomplissent des tâches difficilement réalisables par des humains. Ensuite les machines peuvent abattre une très grande quantité de travail, manuel et intellectuel, mais dans un contexte bien défini". A condition donc, que les processus de production aient été bien adaptés, que la machine y ait été correctement intégrée.

Sans humains, un gel complet

Et cette accélération est en cours. La digitalisation (entre autres par le télétravail) atteint une vitesse grand "v". Même si pour des tâches, répétitives en particulier, l’automatisation a de la marge de progression.

Mais pour Nicolas Van Zeebroeck, "on est capable dans un grand nombre de chaînes, pour le moment, d’automatiser de 40 à 80% des tâches en fonction de l’industrie. Et donc il reste effectivement une part de tâches qui sont très difficilement remplaçables par la machine. Cela pose évidemment de grandes questions parce que la machine n’est d’aucune aide si vous avez ne serait-ce que 10 à 20% des tâches doivent être réalisés par des humains. Dès lors que vous enlevez l’humain, vous avez un gel complet".

Les processus dans leur ensemble ne fonctionnent plus.

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