Coronavirus : les dividendes mondiaux se rapprochent des niveaux d’avant-crise

Les entreprises du monde entier devraient verser aux alentours de 1390 milliards de dollars en dividendes cette année (contre 1255 milliards de dollars en 2020) selon un rapport de Janus Henderson, entreprise britannique de gestion d’actifs. La reprise est plus rapide que prévu. Après que les gouvernements et les institutions financières mondiales ont mis la pression sur les entreprises pour qu’elles versent moins de dividendes, cette reprise, en cours, devrait permettre de relâcher la pression. Mais les restrictions ont-elles fortement affecté le versement des dividendes ? Quelles entreprises belges ont été touchées ?

À nouveau des dividendes malgré les restrictions

"La reprise économique est forte", nous dit Bertrand Candelon, professeur de finance internationale à l’UCLouvain, "notamment aux États-Unis où la reprise est boostée par des taux d’intérêt bas et une politique monétaire et fiscale avantageuse." Les dividendes mondiaux ont notamment crû de 26,3% au deuxième trimestre, selon le rapport de l’entreprise de gestion d’actifs.

D’après Mikael Petitjean, professeur de finance à l’UCLouvain FUCaM Mons, "l’incertitude est moins grande face à la crise du Covid, donc les entreprises ajustent leur politique en matière de dividende."

Les dividendes versés ont augmenté dans les secteurs qui ont bénéficié de la crise comme les télécoms, les technologies ou encore la consommation discrétionnaire (Amazon, McDonalds, …). Les dividendes des entreprises ont mêmes totalisé 33,3 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2021, selon le rapport de Janus Henderson.

Les entreprises ont aussi considérablement provisionné au début de la crise grâce aux leçons tirées après la crise économique et financière de 2008. "Les dividendes sont à des niveaux qui ne sont pas historiquement anormaux, car les entreprises étaient remplies de cash, dû à leur peur d’investir", nous explique Mikael Petitjean. Les entreprises proposent alors des dividendes qui sont constants et un peu plus conséquents pour attirer, de nouveau, les investisseurs, encore assez frileux en ce début de reprise (les entreprises et les personnes publiques, qui se sont enrichies pendant la crise, "se sont enrichies grâce à la progression des cours boursiers et non grâce aux dividendes. En effet, les cours boursiers ont fortement progressé ces 15 dernières années.")

Des banques solides face à la crise

En 2020, de nombreuses banques n’ont pas pu verser de dividendes à leurs actionnaires. La BCE (Banque Centrale Européenne) avait, en effet, plafonné le montant des dividendes pour soutenir l’économie. Le secteur bancaire représentant la moitié des dividendes mondiaux, le plafonnement eut un fort impact.

Cependant, les banques européennes devraient résister aux versements prochains des dividendes. Elles se sont montrées solides face aux stress tests de l’Autorité bancaire européenne. "Grâce à la réglementation macroprudentielle établie par la Banque Centrale Européenne après la crise de 2008, une réglementation qui oblige les banques à être plus prudentes, les banques se sont assuré un coussin de sécurité qu’elles vont pouvoir réinjecter pour la reprise", nous explique Bertrand Candelon.

La BCE a déjà annoncé que les restrictions imposées aux banques en matière de dividendes et rachats d’actions seront levées fin septembre.

En Belgique, les dividendes ont diminué

Les grosses entreprises belges ont vu leurs dividendes diminuer comme au Luxembourg et en Suisse, notamment à cause des mauvais résultats financiers des entreprises et des restrictions de la BCE concernant les banques.

En Belgique, c’est l’entreprise AB Inbev, plus gros groupe brassicole au monde, qui a diminué la part de ses dividendes "pour épargner et garder un coussin de trésorerie", explique Bertrand Candelon.

Le groupe bancaire KBC s’est vu, comme la majorité des banques européennes, plafonner ses dividendes. L’étude de Janus Henderson rapporte malgré cela que "le rétablissement du dividende de KBC, […], a permis de compenser les réductions effectuées par les autres sociétés". Les dividendes de KBC ont donc contrebalancé l’épargne des entreprises belges les plus frileuses.

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