Coronavirus et voyages "non-essentiels" : en cas de quarantaine, l'employeur ne serait pas tenu de payer un salaire

Un employeur ne doit pas prendre en charge le salaire d’un employé mis en quarantaine en Belgique après son retour de voyage. À condition que cette mise à l’écart soit recommandée (zone orange) ou obligatoire (zone rouge), confirme l’Union Wallonne des Entreprises. En cas de quarantaine, l’employé "ne sera pas payé par son employeur, mais par l’Onem, aux mêmes conditions que le chômage pour force majeure, c’est-à-dire 70 pourcent du salaire avec un plafond autour des 2700 euros", explique Olivier De Wasseige, directeur général de l’UWE. L’employé est donc indemnisé via le chômage corona, très populaire depuis le début de la pandémie.

L’employé n’a pas l’obligation de dévoiler sa destination de vacances à ses supérieurs. Mais les entreprises font appel au bon sens de leurs travailleurs. "Si l’employé ne désire pas le dire, l’employeur ne peut pas le forcer, prévient l’Union wallonne des Entreprises. Si l’employeur a un doute et que le travailleur ne veut pas se mettre en quarantaine, l’employeur peut le mettre en chômage pour force majeur de facto et alors il touchera 70% de son salaire."


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Les employés de retour d’une zone à risque peuvent néanmoins faire du télétravail, s’ils le souhaitent. C’est ce qu’a demandé Bérangère Ménart, directrice d’une entreprise de 40 personnes basée à Dour, dans le Hainaut, et active dans le compostage industriel. "Nous leur avons demandé de se préparer à faire une période de télétravail à leur retour de vacances", confirme-t-elle. "Il continue de toucher un salaire entier payé à 100% par son employeur puisqu’il est capable de travailler", complète l’Union wallonne des entreprises.

Mais dans l’entreprise douroise, la moitié des employés travaillent dans la chaîne de production. Pour eux, le travail à distance est impossible. "On leur demande de faire cette période de quinzaine, mais ils seront en chômage de force majeure Covid", ajoute Bérangère Ménart.


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En principe, un travailleur qui se rend dans une zone rouge pour un voyage "non essentiel" ne sera pas couvert pas l’Onem en cas de mise en quarantaine. En effet, une personne qui souhaite invoquer la force majeure ne peut pas commettre de faute, alors que les voyages "non essentiels" en zone rouge sont interdits. "L’Onem n’interviendra pas, confirme Olivier de Wasseige. Même si c’est difficile de vérifier évidemment. C’est à ses risques et périls". Par contre, une personne qui se rend dans une zone orange, passant au rouge en cours de séjour, ne serait pas exclue d’une indemnisation de l’Onem.


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Jusqu’au 31 août prochain, tous les retours de vacances de zones à risques, rouges ou oranges, devraient donc être indemnisés. Une période qu’il faudrait prolonger pour l’Union wallonne des entreprises. "Sinon, c’est l’employeur qui va devoir payer pour ces personnes qui se mettent en quarantaine, conclut le directeur général. Ça va devenir intenable pour les employeurs".

Reportage dans notre journal télévisé de ce lundi 03 août

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