Coronavirus en Belgique : les aides corona parasitées par des entreprises "zombies" ?

La Belgique serait-elle envahie par les zombies ? Economiquement en tout cas, les chiffres sont interpellants : selon un rapport de la firme d’informations commerciales Graydon, il y aurait plusieurs dizaines de milliers d’entreprises "zombies" (entre 36 et 40.000) dans le pays. Le terme est un peu flou : il évoque des sociétés en état de mort clinique, de faillite virtuelle. "L’OCDE dit qu’il s’agit d’entreprises qui ont un résultat moins important que les taux d’intérêt qu’elles doivent payer, donc, à ce niveau-là, elles font des pertes", expliquait ce matin sur la Première Eric van den Broele, le directeur R&D de Grayson. Parfois, on parle d’entreprise zombie pour une société qui a simplement des moyens propres négatifs.


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Parmi ces sociétés, on trouve des toutes petites entreprises, dans des secteurs dits "fragiles", comme l’horeca ou la construction, mais pas seulement : "on retrouve quand même aussi pas mal de secteurs industriels et d’entreprises qui emploient quand même plus de 200, de 500, de 1000 personnes", précise Eric Van den Broele. Beaucoup déplorent que les entreprises zombies congestionnent le tissu entrepreneurial, faussent la concurrence, freinent l’innovation et captent une partie non négligeable des subsides disponibles.

En effet, pour survivre, ces sociétés auraient besoin d’énormément de capitaux, qui se chiffrent à environ 19 milliards d’euros. Sans compter que parmi elles, 800 entreprises ont une maison mère à l’étranger, et ont donc besoin, à elles seules, d’une injection de capitaux de 11 milliards…


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Normalement ces fonds doivent être trouvés par les actionnaires, sous peine déposer le bilan. Mais qu’en est-il des pouvoirs publics ? Doivent-ils accepter d’aider ces sociétés qui parfois assèchent délibérément les moyens financiers de leurs filiales ? "On peut se poser la question s’il est vraiment juste ou justifiable qu’il y ait encore toujours certaines aides, mais aussi des investissements, des capitaux qui sont redirigés vers ce genre d’entreprises zombies dont chaque étude internationale démontre qu’elles ne sont pas capables de se changer vers une nouvelle société", remarque Eric Van den Broele.

La Belgique peut-elle se permettre de distribuer des fonds à toutes les entreprises "zombies", ou doit-elle l’investir dans des sociétés innovatrices ? Un débat compliqué, car on parle de maintien de l’emploi, e développement économique, d’innovation, d’ancrage des sociétés… Mais la question mérite d’être posée, surtout à l’heure d’une crise financière majeure, où les aides corona sont précieuses pour les entreprises.

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