Coronavirus : le chômage temporaire coûte beaucoup moins que prévu à l'Etat

Coronavirus en Belgique : le chômage temporaire moins coûteux que prévu
Coronavirus en Belgique : le chômage temporaire moins coûteux que prévu - © Virojt Changyencham - Getty Images

Il y a finalement eu beaucoup moins de demandes de chômage temporaire pour cause de coronavirus que ne l’avait imaginé le gouvernement fédéral. Pour les mois de mars et avril, le système a coûté 1,3 milliard d’euros, selon les chiffres communiqués par la ministre de l’Emploi, Nathalie Muylle (CD&V), alors qu’il avait été anticipé que le montant approche les 3 milliards d’euros. La mesure coûtera donc presque la moitié que ce qui a été budgété.

Beaucoup d’entreprises ont planifié leurs travailleurs et leurs équipes en alternance. "Nous nous attendions à un million de chômeurs à temps plein rappelle la Ministre de l'Emploi. Si on regarde les chiffres aujourd’hui, on voit qu’en fait, le nombre de jours chômé a été en moyenne de 9 en mars et 14 en avril". Beaucoup de travailleurs ont donc continué à travailler à temps partiel. "Les entreprises ont intelligemment utilisé le système, avec flexibilité" juge Nathalie Muylle.


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En tout, en avril, 1,2 million de travailleurs ont reçu une allocation de chômage temporaire (contre 940 000 au mois de mars). Seuls 20% d’entre eux, ont été au chômage pendant l’ensemble des 22 jours du mois d’avril. 85 955 travailleurs (7% des chômeurs temporaires), ont été au chômage pendant 1 ou 2 jours.

813 euros en moyenne en avril

Dans le détail, c’est le commerce de gros et de détail qui a le plus fait appel au chômage temporaire en avril, avec 243.339 travailleurs et 33.299 employeurs concernés. Suivent l’industrie (216.185 travailleurs), les services administratifs et de soutien (210.106) et la construction (135.955).

En pourcentage de travailleurs touchés par rapport à l’ensemble des travailleurs du secteur, c’est par contre l’industrie automobile qui arrive en tête, avec 81,9% des travailleurs en chômage temporaire, devant le secteur touristique (73,3%) et la construction (65,8%). "Ce monitoring est important pour le mois de mai afin d’évaluer les effets des assouplissements des 4 et 18 mai", a encore indiqué la ministre.

Enfin, il apparaît que l’allocation de chômage temporaire pour cause de coronavirus s’est élevée en moyenne à 440 euros en mars et 813 euros en avril. "Ce montant plus élevé est dû au fait que de nombreuses entreprises n’ont pas fait de demande de chômage temporaire avant la mi-mars" explique Nathalie Muylle.

Prolonger jusque fin août

Le chômage temporaire coûte donc moins que prévu et le budget qui y sera consacré va diminuer dans les prochaines semaines dès lors que la vie économique reprend peu à peu, les indemnités seront donc moins sollicitées. La ministre envisage donc de prolonger le système. Il est prévu pour l’instant jusqu’à fin juin. "130.000 entreprises ont eu recours au chômage temporaire, nous estimons qu’elles seront encore 100.000 à en avoir besoin en juillet. A mon avis, c’est encore trop tôt pour arrêter ce système d’aide. Je voudrais le prolonger jusqu’à fin août. Mais à un moment il faudra quand même revenir au système normal de chômage temporaire".

Politiquement, la prolongation du chômage temporaire pour cause de coronavirus de fin juin à fin août semble faire consensus. Elle doit encore être confirmée par le gouvernement fédéral.

 

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