Coronavirus en Belgique : l'impact de la crise sur l'économie devrait être moins important que prévu en 2020

L’économie belge devrait se contracter de 7,4% en 2020 avant de se redresser partiellement de 6,5% en 2021, selon les dernières projections du Bureau fédéral du Plan publiées ce jeudi. Auparavant, le Bureau du Plan tablait sur une baisse de plus de 10% cette année.

Le Bureau du Plan constate sur base des dernières données disponibles que les économies européennes ont été moins touchées que ce que l’on projetait en juin. "Pour la Belgique, cela se traduit par une croissance annuelle 2020 moins négative qu’escompté (-7,4% au lieu de -10,6%). Entretemps, des pans entiers des économies ont été rouverts, mais les résurgences du virus affectent la confiance et freinent quelque peu la dynamique de la reprise économique. En 2021, l’économie belge devrait renouer avec une croissance de 6,5% (contre 8,2% selon l’estimation réalisée en juin). L’emploi intérieur devrait diminuer de 82.000 personnes sur l’ensemble des deux années 2020 et 2021", détaille-t-il.

Quid en cas de deuxième vague ?

Ces projections ne tiennent pas compte d’une résurgence du virus qui impliquerait de nouveaux confinements.


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"Les exportations belges devraient chuter de 7,3% en 2020 et se redresser de 7,0% en 2021. Cette évolution des exportations, conjuguée à celle de la demande intérieure, entraîne une baisse du volume des importations de 6,7% en 2020, suivie d’une hausse de 8,6% en 2021", estime encore le BFP.

L’épargne des ménages en bonne forme

Le revenu disponible réel des particuliers devrait lui aussi assez bien résister (-0,3%), "notamment grâce aux mesures prises par les pouvoirs publics". Cependant, la consommation des particuliers devrait baisser de 8,7% en 2020, "en raison de la forte détérioration de la confiance des consommateurs (vu la crainte accrue de chômage) et de la limitation des possibilités de consommation durant le confinement". La réouverture des commerces devrait relancer la consommation à un niveau plus habituel, de l’ordre de +9% l’an prochain, soit bien plus que la hausse du revenu disponible. "Par conséquent, après avoir nettement augmenté pour atteindre 20,1% cette année, le taux d’épargne des ménages devrait reculer en 2021 (14,7%), tout en restant encore supérieur à son niveau de 2019 (12,9%)."

Au niveau des investissements en logements, ils se contracteraient de 10,2% en 2020, avant d’être partiellement comblés en 2021 (+8,9%).

Ceux des entreprises reculeraient de 12,9% cette année, pour rebondir de 11,4% l’an prochain. Ceux des pouvoirs publics devraient encore cette année rapidement retrouver leur niveau habituel, dès lors la diminution de leur volume se limiterait à 5,1%, "tandis qu’un effet de niveau donnerait lieu à une accélération de la croissance de 14,1% en 2021".

L’emploi devrait être en recul

Au niveau de l’emploi, il reculerait en 2020 de 95.000 personnes. L’an prochain, le BFP prévoit une nouvelle baisse de l’emploi de 33.000 personnes au premier semestre, avec une reprise au deuxième (+41.000 personnes).


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En moyenne annuelle, l’augmentation du chômage serait sensiblement plus marquée en 2021 (+75.000 personnes) que cette année (+22.000 personnes). Le taux de chômage (administratif) passerait ainsi de 8,9% en 2019 à 10,7% en 2021.

Au total, l’inflation devrait ralentir de 1,4% en 2019 à 0,8% cette année, avant de remonter à 1,4% en 2021. Le Bureau fédéral du Plan table sur un dépassement de l’indice-pivote en août 2021.

Le gouvernement veut un rapport du comité de monitoring

Face à ces nouvelles indications plus positives, le ministre du budget, David Clarinval a demandé un rapport au Comité de monitoring "afin que le prochain gouvernement dispose des meilleures informations budgétaires actualisées".

"Il s'agit d'une révision positive par rapport aux estimations de juin qui prévoyaient une chute du PIB de 10,5% en 2020", souligne le ministre qui pointe également "l'augmentation très importante du taux d'épargne des particuliers qui est passé de 12,9% en 2019 à 20,1% en 2020".

Compte tenu de la révision à la hausse de la croissance, David Clarinval a demandé au Comité de monitoring - qui a notamment pour mission de suivre l'évolution des recettes et des dépenses de l'État - d'établir un nouveau rapport permettant de mesurer l'impact concret de ces nouvelles estimations macroéconomiques.

Ce rapport est attendu pour début octobre. "À ce stade, avec toutes les réserves d'usage liées à l'évolution encore incertaine de la situation sanitaire sur laquelle le Bureau du Plan attire l'attention à juste titre, il semble que ces nouvelles données débouchent sur une amélioration de la situation budgétaire" comparé à ce que laissait prévoir le précédent rapport, conclut le ministre.

 

L'économie mondiale en récession, "clé de l'info" du 31 juillet dernier :

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