Coronavirus dans le monde : l'or est au plus haut depuis 7 ans

L’once d’or tutoie son plus haut niveau depuis plus de sept ans : 1758 dollars l’once ce matin (l’once, c’est un peu plus de 30 grammes d’or). Dans les boutiques spécialisées, les stocks ont été littéralement dévalisés.

Confirmation avec Didier Jacques, administrateur délégué de Gold & Forex International à Bruxelles : "Les pièces sont devenues une denrée rare pour le moment, sauf si on paye des primes, c’est-à-dire ce qu’on paye au-dessus de la valeur de l’or. Des primes incroyables. Alors, nous, on préfère freiner des deux pieds et proposer de la marchandise qu’on trouve à des prix raisonnables, c’est-à-dire justement des petits lingots qu’on peut encore trouver sur le marché suisse. En ce qui concerne les pièces, les différents intermédiaires qu’on contacte n’en ont pratiquement plus, et ce n’est donc qu’au compte-gouttes que nous les vendons en fonction de ce qu’on peut acheter dans le marché".

L’envolée du prix de l’or, et surtout la rareté des pièces, est liée à la crise du coronavirus ?

La hausse du prix de l’or a commencé il y a plusieurs mois déjà, c’est vrai, mais si elle s’accélère depuis quelques semaines, oui, c’est à cause de la crise sanitaire qui est en train de se transformer en récession mondiale. L’incertitude s’envole, les marchés boursiers sont sous pression, les taux d’intérêt chutent, et ça, c’est tout bon pour l’or.

Pour Didier Jacques, "en fait, le coronavirus a été le véritable déclencheur de la crise. On savait qu’elle allait arriver, ça faisait des mois qu’on voyait l’or monter et la Bourse monter. Donc, il y en avait un des deux qui ne devait pas monter, puisque c’est très rare que les deux montent en même temps. Il y a eu l’élément déclencheur, qui a été le coronavirus. Il ne faut pas être un économiste pour voir qu’on est quand même plongé dans une crise profonde qui risque peut-être — on ne sait pas, personne ne peut le dire — de s’empirer. Puis on a vu que l’Europe et les États-Unis vont fabriquer de la monnaie quelque part pour venir au secours de l’économie. Que vaudra encore l’euro demain ? Est-ce que toutes les banques s’en sortiront ? Il y a en fait beaucoup d’incertitudes, et sur la Bourse aussi, ce qui fait que les gens reviennent évidemment vers l’or de manière globale".

Si j’ai envie d’acheter ou de vendre une petite pièce d’or, comment je fais, je me rends dans une boutique spécialisée ?

En temps normal, oui, à condition évidemment de choisir une enseigne qui a pignon sur rue, reconnue donc par l’Autorité des marchés, chez nous la FSMA. Mais là on n’est pas dans une situation normale, il faut bien le dire, ce n’est pas si simple. Les quelques spécialistes reconnus travaillent à guichets fermés, donc pas de livraison physique pour le moment. Il y a néanmoins des demandes, parfois même des demandes un peu hors-norme.

Didier Jacques précise, "sur mon bureau vient d’atterrir une demande pour quelqu’un qui veut m’acheter 100 kilos. Ça ne se fera peut-être pas, ça ne se fera sans doute pas parce que des gros montants comme ça sont très difficiles à faire pour le moment".

Ça fait cinq millions d’euros. Ce n’est pas donné à tout le monde, c’est le moins qu’on puisse dire. Cela dit, le plus petit lingot qui existe aujourd’hui pèse cinq grammes et il se vend tout de même autour de 290 euros.