Coronavirus: chefs d'Etat du G7 et Eurogroupe s'engagent à faire "tout ce qui est nécessaire"... sera-ce suffisant?

Image d'illustration
3 images
Image d'illustration - © AFP

Eurogroupe et G7 ont enchaîné les réunions hier au plus haut niveau hier pour apporter des réponses économiques au coronavirus. " Tout ce qui est nécessaire sera fait ", leitmotiv des deux réunions. Pour le G7, la phrase ressort d’une réunion téléphonique entre dirigeants du G7. Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni ont promis de partager leurs informations pour élaborer un vaccin, mais aussi d’utiliser tous les instruments de politique économique à leur disposition pour soutenir les travailleurs, les entreprises et les secteurs les plus touchés.


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


" Tout ce qui est nécessaire ", c’est aussi le message de l’Eurogroupe, réuni plus tard hier par vidéoconférence. Les 27 ministres des Finances de la zone euro ont pris des mesures budgétaires et fiscales. D’abord des investissements  (fonds structurels, prêts,...) pour environ 1% du produit intérieur brut de la zone euro. Soit environ 105 milliards d’euros. Ce n’est pas forcément grand-chose, mais c’est surtout la confirmation ou l’accueil bienveillant de décisions déjà prises la semaine dernière par la Banque européenne d’investissement, la Commission et la Banque centrale européenne.

Ils ont aussi décidé de nouvelles règles budgétaires plus souples pour environ 10% du produit intérieur brut : des garanties publiques -possibilité de paiement d’impôt différé-, le paiement d'impôts différés pour les entreprises,... Il s'agit sans doute du changement le plus notable. Aux oubliettes pour l’instant les mantras habituels sur la dette publique, la stabilité ou l’orthodoxie budgétaire.


►►► Retrouvez ici la déclaration de l'Eurogroupe. 


 

 

Pour Bernard Keppenne, chef économiste chez CBC, ce sont là des mesures attendues: "Les mesures des banques centrales, la baisse des taux, que ce soit la banque centrale américaine ou les différentes mesures prises par les autres banques centrales, n’étaient absolument pas suffisantes parce que complètement inintéressantes en termes d’impact sur les marchés. Et on s’est surtout rendu compte qu’une baisse des taux n’apportait rien en termes de soutien pour l’économie. Ramener les taux à zéro ne va pas donner un soutien à la croissance au moment où on va avoir la reprise économique."

Mais ces mesures seront-elles par ailleurs suffisantes? "Elles sont un premier pas, pour Bernard Keppenne. Il faut quand même savoir aussi que derrière ça, l’Europe pourra activer son fameux mécanisme européen de stabilité." Jusqu’à 700 milliards d’euros devraient être levé pour soutenir les États en difficulté. Et peut-être d'avantage, vu que "tout ce qui est nécessaire sera fait". 

"Tout ce qui est nécessaire ", ce sont les exacts mêmes mots que ceux utilisés par Mario Draghi en 2012, alors à la présidence de la Banque centrale européenne. À l’époque, l’euro est au bord de l’explosion ou de l’implosion et la défiance internationale à l’égard de la zone euro est criante.

A cette époque, ces trois mots avaient suffi à ramener la confiance. 

L'institution européenne peut-elle rassurer d'une telle façon aujourd'hui? Nous ne vivons pas encore pleinement le choc économique que va provoquer le coronavirus, avec sans doute la récession économique qui s’annonce. Ce qui apparaît comme de plus en plus évident, c’est qu’en matière économique, il nous faudra exactement l’inverse de l’isolement social qui permet de stopper la propagation du virus au plan sanitaire.

Pour limiter les effets économiques, il faudra au contraire une grande coordination entre États, un contact permanent entre eux, et en particulier au sein de la zone euro, même si c’est par vidéoconférence ou par téléphone. Mais nous ne sommes pas à l’abri d’incivisme, même géopolitique, face à la pandémie. Les tentatives américaines de s’accaparer pour les seuls États-Unis les recherches d’un laboratoire allemand sur un vaccin contre le coronavirus l’auront encore souligné (comme dans cet article des Echos.fr).

"Tout ce qui est nécessaire"... Mais cette fois-ci, c’est une certitude, il faudra plus que la magie des mots et des promesses.

De plus en plus de frontières se ferment (JT 19h30)


Suivez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK