Coronavirus au Liban : le gouvernement doit approuver un plan pour une relance d'une économie déjà exsangue

Un manifestant libanais devant l'entrée d'une banque en flammes à Saïda, le 29 avril 2020
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Un manifestant libanais devant l'entrée d'une banque en flammes à Saïda, le 29 avril 2020 - © Mahmoud ZAYYAT

Le gouvernement libanais est réuni jeudi pour approuver un plan visant à relancer l'économie au bord du naufrage de ce pays endetté, où les manifestants sont redescendus dans la rue pour crier leur colère.

Les mesures de confinement prises pour lutter contre le nouveau coronavirus ont amplifié une crise économique déjà aigüe, la pire depuis la guerre civile (1975-1990): l'inflation continue d'augmenter, une pénurie de liquidités et une forte dépréciation de la monnaie par rapport au dollar, utilisé au même titre que la livre libanaise au quotidien.

La réunion du cabinet a lieu au palais présidentiel de Baabda, près de Beyrouth, après trois nuits consécutives de violences dans la ville de Tripoli, la capitale du nord du pays.

Mercredi, des heurts limités ont éclaté à Tripoli entre manifestants et forces de sécurité, les premiers lançant des cocktails Molotov et des pierres et les seconds ripostant à coups de gaz lacrymogènes. Au moins 23 personnes et 19 militaires ont été blessés, selon l'agence officielle ANI. Lundi et mardi, des heurts similaires ont fait un mort et cinquante blessés parmi les manifestants et 40 blessés parmi les militaires selon l'armée.

Des informations sur le plan de relance attendu de longue date, ont fuité dans les médias locaux et font état d'un besoin de 80 milliards de dollars (environ 73 milliards d'euros) pour sortir de la crise, dont entre 10 et 15 milliards de dollars de financements extérieurs sur les cinq prochaines années.


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Les réformes prévues, selon ces informations, comprennent des coupes dans les dépenses publiques et une restructuration de la dette de l'Etat, qui s'élève à environ 170% du PIB, l'un des taux les plus élevés au monde.

En mars, le pays a annoncé être pour la première fois de son histoire en défaut de paiement.

Ces dernières années les crises politiques se sont succédé, plongeant le pays dans l'instabilité.

En octobre 2019, les difficultés économiques ont été l'un des déclencheurs d'un mouvement de contestation inédit, avec certains jours des centaines de milliers de Libanais mobilisés pour crier leur ras-le-bol contre l'ensemble de la classe politique, jugée incompétente et corrompue. Le gouvernement a démissionné sous la pression de la rue.

Sujet JT du 24 octobre

Les manifestions avaient perdu en ampleur après la formation d'un nouveau cabinet mené par Hassan Diab, chargé début 2020 de mener à bien des réformes, dans l'espoir de débloquer des milliards d'euros d'aide internationale.

Mais ces derniers jours, les rassemblements ont repris malgré les mesures de confinement contre le coronavirus. Plus de 700 cas de contamination ont été officiellement recensés, dont 24 décès.

Selon des estimations officielles, 45% de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté.

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