Coronavirus: à Wall Street, Trump fait s'envoler le cours du pétrole

Façade de la bourse de New York
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Façade de la bourse de New York - © ANGELA WEISS - AFP

La Bourse de New York a finalement terminé dans le vert jeudi une séance en dents de scie, hésitant entre l'envol des cours du pétrole et l'explosion des demandes d'allocations chômage aux Etats-Unis.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a pris 2,24% pour finir à 21.413,44 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a gagné 1,72%, à 7.487,31 points. L'indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s'est apprécié de 2,28%, à 2.526,90 points.

Les indices ont été tirés par les prix des barils de pétrole qui, à New York (+25%) comme à Londres (+21%), ont enregistré la plus forte hausse de leur histoire.

Ils se sont envolés après des tweets du président américain, Donald Trump, promettant une réduction de la production russe et saoudienne pour rééquilibrer un marché de l'or noir dévasté par la pandémie de Covid-19. Des doutes sont toutefois rapidement apparus sur les affirmations du locataire de la Maison Blanche, qui a évoqué une baisse de 10 à 15 millions de barils, et les indices se sont temporairement repliés.

Les majors en ont en tout cas bien profité, ExxonMobil s'envolant de 7,65% et Chevron de 11,03%. Le sous-indice représentant le secteur de l'énergie au sein du S&P 500 a bondi de 9,07%.

En début de séance, les investisseurs avaient été ébranlés par les chiffres sur les nouvelles demandes d'allocations chômage, qui ont montré que 6,6 millions de personnes avaient déposé un dossier la semaine dernière.

Cela représente le double de la semaine précédente.

"Il faut garder à l'esprit que de nombreuses personnes supplémentaires ont sans doute essayé de s'inscrire mais n'ont pas pu le faire en raison de systèmes saturés", remarque Christopher Low, économiste chez FTN Financial.


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Avec près de 10 millions de personnes ayant déposé des dossiers d'allocations chômage en deux semaines, sur les 152,3 millions de travailleurs en activité en février, le taux de chômage est "désormais probablement aux environs de 10%", avance-t-il.

Ce chiffre ne devrait toutefois pas apparaître dans le rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis qui sera publié vendredi. Celui-ci ne prendra pas entièrement en compte les mesures de confinement massives imposées progressivement dans plusieurs Etats américains depuis mi-mars, qui ont obligé de très nombreuses entreprises à fermer ou à réduire drastiquement leur activité.

Mais les statistiques sur les demandes d'allocations chômage reflètent déjà le fort impact de la crise sanitaire sur l'économie et ont ravivé les craintes des investisseurs sur ses conséquences pour les entreprises cotées en Bourse.

Dernier exemple en date: Boeing a annoncé jeudi la mise en oeuvre d'un plan de départs volontaires. Son titre a reculé de 5,68%.

Pour Eric Freedman, en charge de la stratégie d'investissement chez U.S. Bank, "l'accès de faiblesse que l'économie mondiale va devoir encaisser n'est pas encore complètement intégré par les marchés".

Sur les chômeurs par exemple, "la question est de savoir combien seront réembauchés grâce aux divers plans d'aides annoncés la semaine dernière", estime-t-il. Et la réponse "est loin d'être évidente".

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