Construction: enregistrement renforcé pour les ouvriers sur les chantiers

Les ouvriers scannent leur badge ou leur carte d'identité à une borne placée à l'entrée du chantier
Les ouvriers scannent leur badge ou leur carte d'identité à une borne placée à l'entrée du chantier - © David Riffont

A partir de ce mardi 1er mars, toutes les personnes qui travaillent sur un chantier de construction dont le budget dépasse 500 000 euros devront s'enregistrer. Depuis avril 2014, la mesure concernait les chantiers de plus de 800 000 euros. Ce tour de vis supplémentaire vise à lutter plus efficacement encore contre le travail au noir et le dumping social, c'est à dire la concurrence parfois déloyale que constitue le détachement de travailleurs étrangers chez nous. 

"Un pas dans la bonne direction"

Le secteur de la construction tire la langue. Depuis 2011, près de 20 000 emplois ont été perdus dans le bâtiment en Belgique.

David Lanove, directeur du service d'étude de la Confédération de la construction, estime donc que cet élargissement de l'enregistrement des ouvriers sur les chantiers va dans la bonne direction. "A condition, précise-t-il, que derrière ces enregistrements il y ait un véritable contrôle pour voir si des fraudes sont commises."

Des amendes de 600 à 6000 euros

En cas de fraude avérée, les sanctions peuvent aller jusqu'à 600 euros pour le travailleur, 6000 pour l'entreprise.

Depuis plusieurs mois, celles-ci se sont donc pour la plupart équipées de bornes situées à l'entrée du chantier. Le principe est très simple, détaille Quentin Menozzi, conducteur de chantier sur un vaste projet d'appartements sur le site des Grands Prés, à Mons: "L'ouvrier classique d'une société belge possède un construbadge, qu'il scanne à la borne. Ensuite, on a les ouvriers des sociétés étrangères. Ceux-là utilisent le système Limosa, une autorisation temporaire de travailler en Belgique. Enfin, pour les indépendants, on part de la carte d'identité du travailleur, qui mentionne le numéro de registre national. A partir de là, l'ONSS peut repérer une fraude potentielle."

"Établir un maillage complet"

On le comprend, c'est surtout la sous-traitance qui est difficile à tracer. Savoir qui est qui et qui travaille où. "Je pense qu'on va multiplier tant et plus les contrôles à l'avenir, pense Maxime De Teulenaere technicien de chantier sur ce vaste projet. A terme, les autorités auront établi un maillage complet des ouvriers présents sur les chantiers vu qu'on saura précisément quels ouvriers ont pointés à quel endroit et à quel moment."

D'ici 2018, ces enregistrements obligatoires devraient s'étendre à tous les chantiers.

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