Construction, digital, santé, logistique : des secteurs qui engagent malgré la crise

Marie a rejoint l'équipe de ce bureau d'architecture spécialisé en images 3D
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Marie a rejoint l'équipe de ce bureau d'architecture spécialisé en images 3D - © Vinciane Votron

La crise sanitaire a fait perdre plusieurs milliers d’emplois à la Wallonie. Selon les derniers chiffres du Forem, l’office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi, 6000 personnes supplémentaires sont inscrites comme demandeurs d’emplois à la fin de l’année 2020 par rapport à la fin 2019. Ce n’est pas énorme à l’échelle des 207.000 demandeurs d’emploi (13,4% de la population active en Wallonie), ce n’est qu’une augmentation de 3%. Les mesures de chômage temporaire des différents gouvernements ont protégé l’emploi, mais il y a aussi quelques secteurs qui ont continué à engager malgré la période économiquement difficile.

La construction a continué à engager... des métiers déjà en pénurie

Il a le sourire, le directeur opérationnel de la société Jacobs, une entreprise liégeoise spécialisée dans l’éclairage et le câblage publics. Il faut dire qu’il vient de signer quelques gros contrats avec la Sofico, la société pendante de la région wallonne qui gère ses infrastructures routières. "D’ici 3 à 4 ans, on devra remplacer près de 50.000 points lumineux rien que sur la Province de Liège", se félicite Gaëtan Lognay. Et les conséquences sont concrètes pour l’emploi. "Notre société tournait à 65 personnes et quelques intérimaires il y a encore 2 ou 3 ans. Maintenant, nous sommes à une centaine de personnes engagées dont une quinzaine ces derniers mois." Julien Marquez est l’un de ces nouveaux engagés. A 27 ans, cet électricien a décroché en juillet son premier contrat à durée indéterminée. "On voit qu’il y a énormément d’activité ici. C’est rassurant car autour de nous, de nombreux secteurs sont en difficultés avec le covid, mais nous, on a beaucoup de travail."

Beaucoup de travail, et même trop. Les dirigeants ont parfois du mal à recruter des électriciens candidats pour travailler dans les métiers de la construction. Les électriciens comme de nombreux autres métiers de la construction (couvreur, plafonneur, cimentier, carreleur, peintre en bâtiment) sont dans la liste des 150 métiers en pénurie en Wallonie. "C’est difficile d’engager, oui car les métiers de la construction sont difficiles. Le nôtre se pratique en extérieur, donc on a du mal à trouver de nouveaux collaborateurs, reconnaît Gaëtan Lognay, le directeur opérationnel de la société Jacobs. Pour engager, nous sommes aidés par les agences d’intérim ou par le Forem qui ont des bases de données très importantes pour nous renseigner de bons profils. Le Forem nous propose aussi des plans formation-insertion (une entreprise forme un demandeur d’emploi pour l’engager par la suite, ndlr) et c’est le cas pour 3 de nos collaborateurs actuellement."

"La construction est un secteur pourvoyeur d’emplois, y compris lors de la crise sanitaire, confirme Marie-Kristine Vanbockestael, administratrice générale du Forem. Les entreprises actives dans ce secteur viennent souvent nous voir, que ce soit pour la présélection de candidats, pour le recrutement ou la formation de futurs collaborateurs."

D’autres secteurs très porteurs mais qui ne compensent pas entièrement les pertes d’emplois

De nombreux autres secteurs se sont maintenus ou ont progressé ces derniers mois. "D’un point de vue conjoncturel, l’immobilier a beaucoup engagé suite à la crise sanitaire car de nombreuses personnes ont décidé de changer de logement en cherchant plutôt un jardin par exemple, indique l’administratrice-générale du Forem. On peut aussi citer le transport de marchandise, la logistique, le monde du numérique et bien sûr les soins de santé."

Pour autant, les engagements nombreux dans ces secteurs n’ont pas permis de compenser toutes les pertes liées à la crise économique. La Wallonie compte à la fin de l’année 2020 un peu plus de 6000 demandeurs d’emploi de plus qu’à la fin de 2019, alors que ce chiffre était en baisse constante depuis 2014.

Cette hausse de 6000 demandeurs d’emploi (2%) semble bien faible par rapport à la violence de la crise économique liée à la crise sanitaire. D'ailleurs, pour garde ce chiffre de nouveaux demandeurs d'emplois possibles, c'est sur eux que le Forem s’est concentré ces derniers mois. "Nous avons choisi de cibler les travailleurs qui étaient licenciés suite à un problème "covid" et dans les 48 heures qui suivent leur licenciement, on les rappelle. On sait que ces gens sont très "employables" et donc il faut en profiter. Aujourd’hui, on peut affirmer qu’un tiers de ces gens que nous avons recontactés ont retrouvé un travail", assure Marie-Kristine Vanbockestael.

Par ailleurs, les différentes mesures des gouvernements comme le chômage temporaire ont permis de protéger l’emploi. Dès lors, comme pour la situation sanitaire, il existe un risque de "deuxième vague" de pertes d’emplois en cas de non-renouvellement du chômage temporaire.

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