Consommation: la confiance des ménages belges a tendance à s'éroder

Comment les Belges abordent-ils l’année 2020 dans leur rôle de consommateur ? Si on se réfère à l’indicateur de confiance des consommateurs de la Banque Nationale, en résumé le capital confiance est modeste en début d’année, inférieur en tout cas à sa moyenne de long terme. Selon Vincent Bodart, économiste à l’UCLouvain, "on a eu, aux alentours de 2017, un niveau de confiance qui était relativement élevé. L’an passé, la confiance des ménages a progressivement eu tendance à s’éroder. Quand on regarde le niveau auquel se situe la confiance des ménages aujourd’hui par rapport à ce qu’elle était il y a un ou deux ans, on voit que son niveau est plus bas".

Il y a évidemment un lien entre la confiance des ménages et leurs dépenses. On freine ses dépenses, on épargne plus quand on a peur de l’avenir, mais pour l’économiste, l’élément prépondérant, celui qui influence le plus notre comportement de consommateur, c’est le pouvoir d’achat. Sur ce plan, 2020 s’annonce sans doute un peu moins favorable que 2019.

"La réforme fiscale et ses effets ont été importants l’an passé, mais devraient l’être nettement moins en 2020. Par conséquent, la contribution des réductions d’impôts qui ont joué de façon favorable sur l’évolution du pouvoir d’achat en 2019 devrait l’être nettement moins en 2020. De ce fait, la croissance du pouvoir d’achat, d’après nous, serait plus faible et, par ce biais-là, aurait un impact sur le rythme de croissance de la consommation des ménages", poursuit Vincent Bodart.

Nouvelle baisse du chômage

Si l’on regarde les choses d’un peu plus loin, si on quitte notre maison, notre logement, notre appartement, et quand on regarde cela au niveau global, le pouvoir d’achat des ménages est globalement également lié au couple emploi-chômage. C’est logique : on a plus de moyens pour dépenser quand on a un emploi stable que quand on est au chômage. Et pour 2020, l’IRES s’attend à une nouvelle hausse de l’emploi et une nouvelle baisse du chômage, mais un peu moins bon qu’en 2019.C'est ce qu'explique Vincent Bodart : "On voit que les intentions d’embauche des entreprises sont un peu moins importantes que l’an passé. C’est probablement l’élément qui, à mon avis, va faire en sorte que la création d’emplois sera moins soutenue qu’en 2019".

Le dernier baromètre de confiance des consommateurs de la Banque Nationale, publié jeudi, montre que les consommateurs craignent une recrudescence du chômage à un horizon de 12 mois. Mais pour autant notre comportement de consommateur ne risque finalement pas, si on ne consomme pas, de plomber la croissance économique belge pour cette année. Selon l’IRES, la croissance de l’économie belge devrait en grande partie reposer sur la consommation des ménages, qui reste donc un moteur important de cette croissance. Et le résultat est que la croissance de notre PIB (produit intérieur brut), la richesse créée en une année en Belgique, devrait être d’à peu près 1,3% cette année. Ce calcul est toujours difficile à faire, c’est de la prévision conjoncturelle. Il peut évidemment se passer beaucoup de choses.

Retrouvez le texte de l’étude de la conjoncture, avec tous les chiffres, sur le site de la revue Regards économiques de l’UCLouvain.

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