Concurrence: l'UE inflige 242 millions d'euros d'amende à Qualcomm

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 18 juillet 2019
La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 18 juillet 2019 - © François WALSCHAERTS

La Commission européenne a infligé jeudi une amende de 242 millions d'euros au géant américain des composants électroniques Qualcomm, accusé de pratiquer des prix inférieurs aux coûts de production dans le but d'évincer un concurrent du marché.

L'enquête de Bruxelles portait spécifiquement sur le marché des composants qui permettent à un appareil mobile de se connecter à internet.

"Qualcomm a vendu ces produits à un prix inférieur aux coûts (de fabrication) à de gros clients dans le but d'éliminer un concurrent", a résumé la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.

Le géant américain est accusé d'avoir abusé de sa position dominante en mettant en place cette pratique --dite de "prix d'éviction"-- entre mi-2009 et mi-2011, avec deux clients, les géants chinois des télécommunications ZTE et Huawei.

L'objectif était d'"éliminer" le britannique Icera, "son principal concurrent de l'époque", qui "était en train de devenir un fournisseur viable", poursuit l'exécutif européen.

Icera avait été racheté en mai 2011 par la société de technologies américaine Nvidia, qui a décidé en 2015 de liquider la branche d'activité concernée par l'enquête de la Commission.

Cette amende fait suite à une première amende de 997 millions d'euros infligée en janvier 2018 pour un autre comportement jugé abusif de Qualcomm, qui avait versé d'énormes sommes à son client Apple pour qu'il ne s'approvisionne pas auprès de ses rivaux.

Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence

Traduction: "Aujourd'hui, la Commission a décidé d'imposer à Qualcomm 242 millions d'euros d'amende pour comportement anticoncurrentiel illégal au regard des règles antitrust de l'UE. Notre cas concerne les chipsets en bande de base. Ce sont des chipsets conformes aux normes 3G et principalement utilisés dans les appareils mobiles à large bande. Notre enquête a révélé que Qualcomm avait bloqué la concurrence en appliquant des prix prédateurs pour protéger sa position dominante. "

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