Commerce en ligne: "Chaque année, jusqu'à 3 milliards d'euros quittent la Belgique"

Le commerce en ligne augmente en Belgique, surtout dans le mobile
Le commerce en ligne augmente en Belgique, surtout dans le mobile - © Tous droits réservés

Le commerce en ligne augmente en Belgique, surtout dans le mobile. En un an, la part des achats en ligne réalisés via smartphone ou tablette a augmenté de presque 60%. Voilà le changement le plus marquant de la septième étude sur le marché de l'e-commerce, réalisée par Comeos, la fédération du commerce et des services.

Pendant des années, le commerce en ligne Belgique a été "à la traîne" par rapport à ses voisins européens. C'est toujours en partie le cas, si l'on considère que début 2018, "un belge sur trois ne fait toujours aucun achat sur Internet". Mais l'évolution des achats via un appareil mobile est impressionnante. 

Applications et achats en soirée

Dominique Michel, patron de Comeos:"En seulement un an, la croissance du nombre de gens qui achètent en ligne via un appareil mobile est impressionnante. Pour une fois, la Belgique a été très rapide et on a rattrapé le train". Et cette croissance du mobile se fait évidemment au détriment de l'ordinateur personnel, qui sert de moins en moins aux achats sur Internet (52% en 2017, contre 37% en 2018).

Mais cette évolution a aussi des conséquences sur les (ou est le résultat de l'évolution des?) modes de paiements. Parce que "du coup, l'explosion des achats par applications est là aussi". Pour le shopping online, la carte de crédit perd manifestement du terrain: -19% des paiements en sept ans. 

A l’inverse les applications mobiles voient leur part de marché augmenter. En guise d'exemple, 8% des paiements en ligne sont faits via l’application Bancontact. Et les autres applications (bancaires, Paypal,...) gagnent elles aussi du terrain. Autre tendance, presque la moitié (44%) des belges achètent en ligne après les heures de bureaux, "de plus en plus", selon Comeos. 

Des milliards d'euros vers l'étranger

L'augmentation générale - et continue - du commerce en ligne chez nous (de 2017 à 2018, +5% de belges ont fait des achats en ligne) n'est pas sans poser un défi pour la Belgique, puisque la plupart des plateformes utilisées sont basées à l'étrangerD'année en année, il y a de plus en plus d'argent qui quitte les frontières belges. 

Pour Comeos, qui fait ses petits calculs, "chaque année, environ 2,5 à  3 milliards d'euros quittent la Belgique suite à des achats en ligne. C'est énorme, et ça peut se traduire par environ 10.000 emplois que nous pourrions récupérer si tous ces achats revenaient vers la Belgique. Et ce que nous constatons c'est que cette tendance s'accélère. C'est donc pour nous un énorme défi de récupérer une partie de ce marché vers la Belgique".

L'attractivité belge pour l'e-commerce

Comment rendre la Belgique plus attractive pour le commerce en ligne? C'est là que les romains s'empoignent. Pour Comeos, "nous avons des cadres juridiques dignes des années 70, et un handicap salarial dans le commerce et les services qui se situe entre 17 et 20% par rapport à nos voisins européens".

Côté syndical, on dénonce cette position. Pour Delphine Latawiec, responsable commerce à la CNE, "tenter de récupérer les emplois liés à un centre d'Amazon installé en Allemagne, par exemple, est illusoire. C'est trop tardEt de toute façon, le travail de nuit est possible, et effectué aujourd'hui en Belgique via la commission paritaire logistique - aussi pour les grandes surfaces et l'e-commerce.

Entendez: réduire l'attractivité du territoire belge au droit du travail, c'est restreindre le débat. D'autres obstacles? La mobilité, et les infrastructures, entres autres.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK