Comment Tesla a défini une nouvelle ère dans l'industrie automobile

Alors qu’il y a 126 ans jour pour jour se disputait la toute première compétition automobile de l’histoire entre Paris et Rouen, l’industrie automobile a aujourd’hui bien changé. Depuis le début du mois, l’entreprise Tesla possède la capitalisation boursière la plus importante du monde avec 208 milliards de dollars, dépassant ainsi Toyata.

Et pourtant, la marque américaine a toujours actuellement une production inférieure à ses objectifs et des bénéfices limités mais son concept du "tout à l’électrique" ne cesse de séduire années après années et partout dans le monde, preuve que l’univers automobile est entré dans une nouvelle ère, où l’importance de développer des logiciels est passée au-dessus de la traditionnelle manufacture automobile.

Daimler-Tesla : le choc des cultures

Pour comprendre la manière dont Tesla a pris la main sur le secteur automobile, il faut comprendre comment le constructeur fonctionne et surtout, en comparaison à l’industrie automobile traditionnelle. En 2009, l’entreprise Daimler, la compagnie parente de Mercedes-Benz, investit à hauteur de 10% (soit 50 millions de dollars) dans Tesla.

C'est l’opportunité pour la marque allemande de profiter des connaissances du constructeur américain pour développer sa gamme de voiture électrique. Mais comme l’ont expliqué à Reuters plusieurs ingénieurs de Daimler, les deux entreprises ne fonctionnaient pas du tout de la même manière sur certains aspects du développement.

Impressionné par les batteries Tesla, le constructeur allemand s’en est procuré. Mais les ingénieurs allemands se sont rendus compte d’un problème : les ingénieurs Tesla n’avaient pas réalisé de tests de résistance sur le long terme sur leur batterie. Une aberration pour les Allemands. Et quand en 2014, une série de batteries Tesla prennent feu, tout le monde se pose de questions sur la fiabilité et la sécurité des voitures américaines.

Mais en quelques mois, l’entreprise d’Elon Musk apporte un changement structurel à ses voitures et propose même une rénovation sur les modèles déjà existants. La marque a très rapidement réalisé des ajustements sur ses voitures alors que, comme l’explique un ingénieur allemand : "Chez Mercedes, des ajustements comme celui-là prennent minimum trois ans". 

Un constant besoin d’innover

La philosophie de Tesla pourrait se résumer à une phrase dite par son CEO, Elon Musk, il y a quelques mois lors d’un symposium : "Faire des erreurs en innovant n’implique pas une grosse pénalité. Mais ne pas innover du tout implique la plus grosse pénalité : vous serez viré". Une nécessite d’innover constamment qui est à la base de l’entreprise et qui fait qu’à l’heure actuelle, les grandes compagnies automobiles courent désespérément derrière Tesla pour rattraper leur retard concernant les logiciels d’exploitation et le développement de leurs voitures électriques.

Un décalage qui résulte des fondements des entreprises automobiles traditionnelles qui sont difficiles à changer comme l’explique Mark Wakefield, un consultant sur les pratiques automobiles et industrielles pour la firme AlixPartners à Reuters : "Personne ne dira aux compagnies automobiles traditionnelles 'vous avez cinq années pour réoutiller votre entreprise et je vais vous financer pendant cette période'". C’est donc un avantage que possède actuellement Tesla contrairement aux constructeurs traditionnels dont les chaînes de production sont beaucoup trop grandes pour pouvoir accepter un changement rapide d’innovation.

Le coup de pouce du "Dieselgate"

Alors que Tesla se développe avec ses idées bien à elle, éclate en 2015 le scandale du dieselgate avec, pour conséquences, une réaction des consommateurs à travers le monde face aux voitures à combustion et donc, une obligation pour les constructeurs automobiles d’augmenter leurs investissements dans leur division électrique.

Comme l’a dit un ingénieur de l’entreprise Daimler à Reuters : "Le dieselgate a changé l’économie des voitures électriques et de celles à combustion. Tesla a maintenant de l’avance. On verra s’ils peuvent l’augmenter". En tout cas, le constructeur américain continue d’avancer. En 2019 en Europe, une voiture électrique sur trois vendue est une Tesla alors que la marque vient tout juste d’inaugurer une nouvelle usine près de Shanghai en Chine, pour produire les futures commandes en provenance d’Asie.

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