Comment se débarrasser du très polluant charbon?

Si le charbonnage du Bois du Cazier est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco, les mines de charbon n'ont jamais été autant exploitées qu'aujourd'hui dans le monde. Avec un solide problème: de très importantes émission de dioxyde de carbone.
Si le charbonnage du Bois du Cazier est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco, les mines de charbon n'ont jamais été autant exploitées qu'aujourd'hui dans le monde. Avec un solide problème: de très importantes émission de dioxyde de carbone. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Comment se débarrasser du charbon alors qu'il représente 40% de la production mondiale d'électricité ? La réponse est complexe et il n'y a pas de solution miracle. Greenpeace Suède a imaginé une issue plutôt originale à ce problème.

L'ONG se propose de faire offre pour racheter les mines de charbon mise en vente par le groupe Suédois Vattenfall en Allemagne. Le but de Greenpeace est de freiner l'expansion de ces mines. Difficile de mesurer le sérieux de la proposition, mais, ce qui est certain, c'est que Vattenfall ne trouvera pas facilement acquéreur, car les prix du charbon sont très bas.

Bon marché

C'est assez étonnant alors que la consommation de charbon est soutenue au niveau mondial, mais c’est tout à fait logique. Le sous-sol de la planète regorge de charbon comme l’explique Frédéric Gonand, professeur à l'université Paris-Dauphine et ancien commissaire de la commission française de régulation de l'énergie : "Au rythme de la consommation actuelle, il y a pour plus de 200 ans de réserves de charbon. Contrairement au pétrole qui est relativement concentré dans l’écorce terrestre, la répartition géographique du charbon est relativement homogène dans le monde, ce qui fait qu’il y a beaucoup de pays qui produisent leur propre charbon et qu’il n’y a que 12% du charbon consommé dans le monde qui est échangé entre les pays. L’essentiel du charbon est produit et consommé sur place, c’est le cas de la Chine et de l’Inde".

Très polluant

Non seulement le charbon est abondant, mais, en plus, il n'est pas cher. Par contre, il est très polluant parce que très riche en carbone qu'il dégage dès qu'on le brûle. C'est donc une alternative énergétique peu recommandable, même pour les Chinois.

"Ils en sont très conscients et cela leur pose de vrais problèmes économiques, commente Frédéric Gonand. Quand vous brûlez du charbon, vous émettez tout un ensemble de petites particules qui viennent se loger dans les poumons des gens et à peu près partout. Cela génère des problèmes sanitaires considérables, des problèmes de visibilité avec des avions qui ne peuvent plus atterrir. Il y a désormais des cadres supérieurs qui refusent d’aller travailler à Pékin tellement c’est pollué et insupportable pour les enfants. Les Chinois ont pris conscience de cette problématique et ils sont en train de prendre des mesures très puissantes."

RV à Paris

Les Chinois agissent, mais ils ne peuvent pas se passer radicalement du charbon. Ce n'est d’ailleurs pas vrai qu'en Chine. Actuellement, le charbon reste incontournable ce qui relance le débat toujours ouvert sur l’alternative du nucléaire, pas cher, mais avec le très gros problème des déchets.

Il y a tout de même un moyen de freiner la consommation du charbon : le rendre plus cher via la taxe carbone. "Le seul point actuellement efficace ce serait de taxer les émissions de dioxyde de carbone issues du charbon ce qui le rendrait moins intéressant pour les acteurs économiques, évoque Frédéric Gonand. Cette taxe carbone constitue l’enjeu de la prochaine COP21, la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris début décembre." Un événement qui sera largement couvert par les médias de la RTBF.

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