Comment les géants technologiques deviennent les concurrents des banques

Comment les géants technologiques deviennent les concurrents des banques
Comment les géants technologiques deviennent les concurrents des banques - © ISAAC LAWRENCE - AFP

En Chine, dans certains magasins, restaurants, taxis, c'est devenu impossible de payer avec une carte de banque. Ils n'acceptent plus que les payements par Tencent, un réseau social qui a développé sa propre solution de payement. Des équivalents existent dans d'autres pays asiatiques. Les géants américains aussi ont leur service de payement : Apple Pay, Android Pay (Google), Amazon Pay, Alipay (Alibaba),...

Les BigTech, comme on les appelle, les géants technologiques, sont en train de bouleverser le secteur bancaire et sont de vrais concurrents aux banques traditionnelles. Pour le moment, surtout dans le domaine du payement, mais la prochaine étape est l'offre de prêt immobilier, de carnet d'épargne, de compte courant,... "C'est surtout en Asie du Sud-Est que cela existe tempère Robert van der Eijk, de Cap Gemini Belgique, auteur d'une étude sur la concurrence dans le secteur bancaire mais c'est en train d'arriver en Europe, et nos banques traditionnelles belges doivent se préparer avant qu'un Tencent ou un Alibaba n'arrive chez nous".

"Les banques belges doivent agir, or they die!"

Les banques traditionnelles anticipent ces changements et ne restent pas les bras croisés, elles ont toutes leur application mobile par exemple, "mais si elles ne continuent pas d'investir, de s'adapter à ce qu'il se passe sur leur marché, elles disparaîtront", prédit Robert van der Eijk.

Et les banques elles-mêmes partagent le constat. Pour Karel Van Eetvelt, CEO de Febelfin, l'Association des banques belges, il n'y a pas de doute, les banques traditionnelles doivent investir massivement dans les technologies, mais pas pour imiter les géants technologiques dont la force de frappe est beaucoup plus puissante : "Si elles font comme Amazon, Google, Tencent, ce sera impossible pour les banques belges d'être compétitives. Par contre, si elles s'y prennent d'une autre manière, en collaborant avec des acteurs technologiques, des petits joueurs qui ont la connaissance, et qui, eux-aussi ont besoin de cette collaboration avec les banques à la large clientèle pour développer leur produit, là ce sera possible de doubler les géants américains et asiatiques".

Le patron de Febelfin prend l'exemple des moyens de communication avec son banquier : "Les banques traditionnelles pourraient développer, en collaboration avec des entreprises technologiques, des système de vidéo-conférence pour facilement garder le contact avec un humain, un conseiller que l'on connait, sans devoir se déplacer. C'est en tout cas là-dessus que les banques traditionnelles comptent à l'avenir : leur expertise, leur connaissance du métier, leur expérience client".

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