Comment le secteur de la construction est en train de se digitaliser

Interieur du salon Batibouw, en 2018
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Interieur du salon Batibouw, en 2018 - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le secteur de la construction n'échappe pas à la digitalisation, mais cela veut dire quoi un chantier digitalisé ?

Il y aura évidemment toujours les briques, les grues et les bottes dans la boue ; le chantier ne va pas être révolutionné. Par contre — et ça, c’est nouveau — il y aura de moins en moins ces grands plans en papier lors des réunions de chantier, les crayons, les maquettes du bâtiment en petits cure-dents, etc.

Aujourd’hui, les ouvriers, les architectes et les chefs de chantier vont de plus en plus avoir une tablette sous le bras. C’est même une question de survie pour la Fédération de la construction parce que d’autres pays ont pris de l’avance dans ce domaine. La Belgique doit entrer dans le numérique, ou en tout cas se renforcer dans le numérique, pour tenir le coup face à cette concurrence internationale.

Des plateformes informatiques et la 3D 

Un entreprise a, par exemple, développé une plateforme informatique qu’on peut consulter sur son ordinateur ou sur sa tablette, et sur laquelle tous les intervenants d’un chantier doivent se connecter. L’architecte, le plombier, le client, tous se connectent et ça leur permet tous ensemble de communiquer beaucoup plus facilement.

Thomas Goubau, le patron d’Aproplan, la société qui développe cette plateforme, donne cet exemple : "Imaginez que pendant une visite de chantier l’architecte constate qu’une porte ou un radiateur n’est pas placé à l’endroit prévu, qu’il y a une petite erreur dans la conception. Aujourd’hui, rectifier le tir prend beaucoup de temps. Il va prendre une photo avec son appareil photo, il va devoir rentrer au bureau, écrire un rapport et l’envoyer probablement en PDF ou Excel à l’entreprise. L’entreprise va devoir digérer et l’envoyer à son sous-traitant. De notre façon digitale, l’architecte va faire la photo, directement la localiser sur un plan et elle va partir immédiatement vers l’entreprise, et la même information va arriver chez le sous-traitant".

La digitalisation peut aussi être avant le chantier, pendant la conception du bâtiment ou des maquettes de ce bâtiment en 3D sur ordinateur par exemple. C’est de plus en plus utilisé, avec chaque brique, chaque clou, chaque poutre qui est numérisée, qui est comptabilisée. Ça permet évidemment de réduire la marge d’erreur, les délais et les budgets.

Numériser, c’est gagner du temps, et donc de l’argent

"Le gain de temps en administration est quand même assez conséquent", confirme Thomas Goubau. "On l’estime plus ou moins à 15.000 - 20.000 euros par an et par personne. Il y a un gain de temps en efficacité puisqu’on a l’information de façon immédiate et on peut agir, ce qui fait qu’on peut rester dans des délais. Et il y a un gain d’efficacité dans le futur, puisqu’on va pouvoir améliorer ces process, ces façons de travailler d’un chantier à l’autre".

Vu ces avantages, il y a de plus en plus d’entreprises de construction qui font le pas et qui se digitalisent, surtout actuellement pour les gros chantiers. Un exemple : le nouveau bâtiment du Conseil européen à Bruxelles ou les 180 nouvelles écoles que la Flandre est en train de construire. Par contre, pour les plus petits chantiers, comme les maisons ou les appartements, c’est encore plus rare.

Mais quoi qu'il en soit la digitalisation arrive lentement, mais sûrement dans le secteur de la construction.

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