Comment le cours du pétrole va-t-il évoluer dans les prochains mois?

Le 3 octobre 2018, le baril de Brent, la référence européenne pour le pétrole brut, dépassait les 86 dollars ; cela représente une hausse de 53% sur un an. Puis c'était la chute : 50 dollars le baril à Noël. Et, depuis quelques jours, on observe un gros rebond. Pour Frank Vranken, stratégiste à la banque privée Puilaetco Dewaay, ce ne sera peut-être qu’un feu de paille : "Je pense qu’à partir de ces niveaux, si on a le Brent qui n’est pas très loin de 60 dollars le baril, on va rester avec des valeurs assez proches, mais plutôt avec une probabilité un peu plus importante de baisser encore un peu".

Qu'est-ce qui pourrait faire croire à une baisse du pétrole ? Le ralentissement de la croissance économique un peu partout dans le monde, c’est le principal argument, aux États-Unis, en Chine, mais aussi en Europe. Moins de croissance économique signifie des besoins moins importants en énergie. Du côté de l’offre, c’est évidemment un autre aspect. Les pays membres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la Russie ont promis de réduire leur production pour faire remonter les cours du pétrole, ou du moins essayer. Car, selon Frank Vranken, les producteurs américains de pétrole de schiste sont capables de produire plus ; ils l’ont déjà fait : "Les États-Unis sont aujourd’hui devenus les premiers producteurs de pétrole au monde. Ils ont dépassé l’Arabie saoudite, ils ont dépassé les Russes et ils sont proches de 12 millions de barils par jour équivalents. Et donc, sur les deux dernières années, ils ont tout simplement rajouté au-delà de deux millions de barils. On n’a en effet pas vu venir une telle croissance".

Objectif 100 dollars

Pour autant, personne ne peut être sûr que les prix du pétrole vont baisser. Rien n’est jamais sûr en économie, surtout dans une matière comme le pétrole. C’est vrai que pas mal de spécialistes ont revu leurs prévisions à la baisse pour les prix du pétrole, mais il y a des voix discordantes, notamment celle de Benjamin Louvet, gérant de matières premières chez OFI Asset Management à Paris. Il a récemment déclaré sur BFM Business : "Nous restons convaincus que, compte tenu du manque d’investissements, compte tenu du fait que certains pétroliers de schiste sont déjà en train de ralentir leurs investissements pour 2019, on va avoir un vrai problème sur la disponibilité de pétrole dès fin 2019 ou au plus tard début 2020. Et à ce moment-là, comme ces marchés réagissent de façon toujours un peu exagérée, on ira sans doute revoir les 100 dollars".

Objectif 100 dollars, avec une stabilisation autour de 80 à 90 dollars le baril de Brent : c’est le scénario central d’OFI Asset Management pour 2019, on verra ce qui va se passer dans les semaines et les mois qui viennent.

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