Comment la Wallonie compte-t-elle combler ses métiers en pénurie?

Comment la Wallonie compte-t-elle combler ses métiers en pénurie ?
Comment la Wallonie compte-t-elle combler ses métiers en pénurie ? - © Tous droits réservés

27.900, voilà le nombre d’emplois vacants en Wallonie. Alors que 7% des Wallons sont au chômage, pourquoi ces métiers en pénurie ne sont-ils pas comblés ? Et comment la Région wallonne compte-t-elle changer la situation ?

"C’est un paradoxe. On compte environ 28.000 emplois vacants en Wallonie alors qu’il y a près de 200.000 chômeurs", s’exclame Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE). Parmi ces emplois vacants, la grande majorité appartient à ce que l’on appelle des "métiers en pénurie". Les agences régionales pour l’emploi mettent régulièrement à jour une liste de ces métiers pour montrer quels sont les métiers porteurs.

Et la situation est assez différente entre les différentes Régions du pays. L’agence pour l’emploi flamande, VDAB, vient d’allonger la liste des métiers en pénurie : on compte désormais 188 professions qui sont confrontées à un manque aigu de travailleurs.

Avec près de 95.000 emplois vacants et un taux de chômage de 3,4%, la Flandre est proche du plein-emploi. "Les besoins en immigration économique sont plus importants en Flandre qu’en Wallonie", commente Olivier de Wasseige de l’UWE.

Permis unique

Dans le cadre de recherche de main-d’œuvre à l’étranger, le permis unique peut être une méthode afin de combler les emplois vacants. Depuis le 3 janvier 2019, le ressortissant non-européen qui souhaite séjourner et travailler plus de 90 jours en Belgique doit introduire une demande unique auprès de la Région compétente, par le biais de son employeur.

Si cette demande est acceptée, il reçoit un "permis unique" attestant qu’il est autorisé à séjourner plus de 90 jours en Belgique pour y travailler.

Mais c’est là que les choses se compliquent pour les personnes qui souhaitent occuper un emploi en Wallonie. Alors que le Forem a une liste de 77 métiers en pénurie, la Région wallonne ne se base que sur une liste de 7 métiers pour octroyer automatiquement ce permis unique : développeur informatique, tuyauteur industriel, électromécanicien de maintenance industrielle, technicien d’entretien et d’exploitation de chauffage, technicien frigoriste, chef d’équipe dans la construction, conducteur de travaux.


►►►À lire aussi : CQFD : faut-il régulariser les sans-papiers dans les métiers en pénurie ?


Par conséquent, les personnes hors-UE qui souhaitent exercer des métiers en pénurie qui ne figurent pas dans cette liste risquent de se voir refuser leur permis unique.

Stéphanie Wilmet, attaché de presse de la ministre wallonne de l’Emploi, Christie Morreale, explique néanmoins que le gouvernement compte élargir cette liste, adaptée lors de la législature précédente : "La ministre a la possibilité d’octroyer des dérogations complémentaires. Elle l’a déjà fait pour les métiers d’infirmières par exemple."

Une panoplie de mesures

La porte-parole de la ministre souligne que le permis unique n’est qu’une manière de combler les métiers en pénurie. "Le gouvernement organise notamment des formations courtes et des Job Days."


►►► À lire aussi : 1200 personnes au Job Day du Forem qui recrute 380 personnes pour former les demandeurs d'emploi


Dans le cadre de ces Job Days, les employeurs et les demandeurs d’emploi qui peuvent correspondre sont mis directement en contact. À la suite d’une formation rapide, ils peuvent mettre le pied à l’étrier.

Le gouvernement wallon compte aussi mettre en place trois cités des métiers, des sortes de porte d’entrée unique pour les victimes de licenciements, y compris les métiers en pénurie.

Formations en alternance

Même si les formations sont importantes aux yeux de l’administrateur délégué de l’UWE, il trouve qu’il faudrait accorder plus d’attention aux métiers en pénurie : "On compte 135.000 places de formation de demandeurs d’emploi en Wallonie, c’est énorme. Le Forem forme environ 40.000 personnes/an sur un passage de 400.000 personnes/an. Seulement environ 10.000 formés sur les métiers en pénurie, il faut en faire une priorité."

Il estime aussi qu’il faut également revaloriser des filières techniques et professionnelles, notamment par les formations en alternance : "Elles doivent devenir des filières d’excellence. Actuellement, quelqu’un qui est passionné par l’électromécanique va se retrouver dans une classe avec les punis. "

La porte-parole de la ministre Morreale assure que son gouvernement va investir dans d’autres incitants sur les métiers en devenir, métiers techniques et technologiques : "On anticipe pour ne pas se retrouver avec beaucoup d’offres et pas de profils formés."

Cela sera-t-il suffisant pour combler les 27.900 emplois vacants et réduire le taux de chômage en Wallonie? En tout cas, la volonté est là, les chiffres devront ensuite suivre...

 

 

CQFD (Ce Qui Fait Débat) 04/12/2019

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK