Comment l'arrestation de la directrice financière de Huwaei secoue les marchés mondiaux

Une arrestation d’apparence relativement anodine. La directrice financière du géant technologique chinois Huawei a été arrêtée au Canada, sur demande des Etats-Unis. Une arrestation qui a elle seule, a secoué les marchés du monde entier.

Juste après le G20, après une trève annoncée entre les Etats-Unis et la Chine, le moment pouvait difficilement être plus mal choisi. Et le piquant, c’est que Meng Wanhzou a été arrêtée samedi dernier, le 1er décembre. Chine et Etats-Unis étaient au sommet du G20, en train de discuter d’un apaisement des tensions commerciales. Le jour-même Xi Jingping et Donald Trump dînaient ensemble, en Argentine. Et depuis le début de la semaine, les deux dirigeants ne ménagent pas leurs efforts pour communiquer sur ce qu'ils présentent comme une trève commerciale destinée à durer:

Cette arrestation est donc perçue en Chine comme un coup de couteau dans le dos, en plus d'une énième déclaration de guerre économico-commerciale. Et l'arrestation est perçue par le reste du monde comme une menace plus que sérieuse à la trêve de 90 jours.

Les Bourses s'affolent

Résultat: Le Dow Jones perdait 2% à l'ouverture de Wall Street. En Europe les indices vedettes de Paris, Milan et Franfort perdaient parfois plus de 3% Idem pour les places boursières chinoises et japonaises...Et partout ce sont les valeurs technologiques qui trinquent (par exmeple, Tencent, fournisseur de Huawei perd 5%)

Des motifs non précisés

Officiellement, les Etat-Unis reprochent au leader mondial en équipements technologiques, le non-respect des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran. Sans plus de précisions à ce stade - nous ne savons donc pas ce qui précisément justifie l’arrestation de Meng Wanzhou. Wanhzou qui est en fait la fille du fondateur et dirigeant du groupe, Ren Zhengfei, qui a eu des liens très étroits avec le bras technologique de l’armée chinoise. Ce qu'e l'on sait, c'est que les Etats-Unis et Huwaei ont un historique. 

Une méfiance "historique"

Le groupe chinois a été en grande partie exclu des Etats-Unis, depuis 2012. Plusieurs rapports officiels américains citent nommément Huwaei comme une menace à la sécurité nationale. Et les agences gouvernementales ont d'ailleurs l'interdiction formelle d'utiliser du matériel Huawei. Par crainte que la tuyauterie Huawei soit utilisée par le gouvernement chinois pour avoir accès à des données américaines. Huawei est suspecté d'espionnage technologique - suspecté, parce que la démonstration n'a jamais été faite que le groupe chinois pratique effectivement le cyberespionnage. Mais le moment est délicat pour les Etats-Unis.

Le pays est en plein déploiement de son infrastructure 5 G. Dans l'architecture d'un tel réseau d’internet à haut débit, les données sont en fait acheminées de manière plus dispersée. Et le réseau est donc potentiellement plus vulnérable, plus difficile à protéger. Ce qui a a accru ces derniers mois les craintes américaines qui ont d'ailleurs très officiellement encouragé le Canada à bannir Huawei du développement de la 5G canadienne.

Et chez nous?

Les suspicions envers Huawei ne sont pas propres aux Etats-Unis: au mois d'aout, l'Australie a exclu Huawei et ZTE, autre acteur chinois, de son marché de la 5G. La Nouvelle Zélande vient de faire la même chose, il y a...deux jours. En Belgique, Huawei est l'un des fournisseurs en équipement d' Orange et de Proximus - et donc à ce titre aussi partenaire de l'opérateur télécom dans des tests qui ont été réalisés en vue d'un futur déploiement de la 5G à Bruxelles. Le partenaire définitif de Proximus n'est pas encore désigné.

Est-ce que nous avons affaire chez les américains à une forme de paranoïa, peut-être alimentée par des documents classifiés, ou à une stratégie délibérée d'écarter un acteur économique étranger? Difficile à dire. A nouveau il n'a jamais été prouvé que Huawei se livre a de l'espionnage informatique. Soulignons juste qu'il y a une semaine, la Sûreté de l’État belge…affirmait que la Chine se livre bien à des activités de renseignement chez nous.  Avec un intérêt particulier pour les institutions européennes, à Bruxelles, et pour "quelques" entreprises industrielles belges.
 

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