Comment interdire de casino l'un de ses proches ?

98 personnes ont fait l'objet d'une interdiction à la demande d'un tiers l'an dernier
98 personnes ont fait l'objet d'une interdiction à la demande d'un tiers l'an dernier - © ROBERT FRANCOIS - AFP

Le rapport annuel 2017 de la Commission des jeux de hasard indique que 98 personnes ont fait l'objet d'une interdiction à la demande d'un tiers l'an dernier, rapportent les titres Supdresse mardi.

Le chiffre peut paraître faible mais il faut savoir que cette disposition est unique au monde. Cette possibilité existe déjà depuis 2008 mais "La mesure commence à être connue", souligne Étienne Marique, président de la Commission des jeux de hasard. Dans 37 cas, selon le rapport, la demande avait été introduite par le conjoint ou le cohabitant légal. Dans 31 cas, par le père ou la mère. Dans 13 cas par un autre membre de la famille, le plus souvent un frère ou une sœur ; dans 10 cas, par un fils ou une fille. Ensuite, par un ami, un magistrat ou un assistant social. Au total, aujourd'hui, 496 personnes sont interdites sur la base de la demande d'un proche. Au 1er novembre, plus de 370.000 personnes étaient interdites de jeu en Belgique.

Une procédure plus longue

Contrairement à une demande d'interdiction classique qui émane d'un joueur et qui peut être introduite en moins de 24 heures, une interdiction à la demande d'un tiers prend plus de temps "au minimum plusieurs semaines voire  maximum deux mois, une fois que sa demande d'interdiction a été introduite auprès de la Commission des jeux du hasard", répond Etienne Marique. Il faut dire que le tiers doit avoir en sa possession des preuves concrètes (des extraits de comptes par exemple) pour interdire à un joueur l'entrée à un casino ou à des sites internet belges. "Ces pièces sont analysées. Nous vérifions également le nombre d'entrées tant pour les casinos que pour les sites internet", explique le président de la Commission des jeux du hasard. Par après, la personne visée par la procédure est convoquée. "Le joueur a toujours la possibilité d'exprimer ses arguments. Néanmoins, très peu de personnes viennent se défendre auprès de la commission", précise Etienne Marique. Enfin, chaque demande d'interdiction est traitée au cas par cas. "Il y a toujours un certain feeling à avoir. La décision ne se prend pas de manière automatique", confesse Etienne Marique.

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