Comment faire face à la digitalisation croissante qui touche le marché de l'emploi?

Comment faire face à la digitalisation croissante qui touche le marché de l'emploi?
Comment faire face à la digitalisation croissante qui touche le marché de l'emploi? - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

L'utilisation croissante des nouvelles technologies, notamment dans le secteur bancaire, modifie l'expérience au travail. Une digitalisation du marché de l'emploi qui n'est pas sans soulever des craintes auprès des travailleurs selon Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la CNE.

"Aujourd'hui, nous entendons à la fois des délégués qui sont inquiets et qui disent: Voilà, mon métier disparaît ou bien la manière de mettre en valeur mes compétences est bouleversée parce qu'on nous dit on va changer de logiciel demain matin", explique-t-il.

Pour le secrétaire général de la CNE, il y a également des exemples d'appropriation positive du bouleversement de la digitalisation. "On entend aussi des réponses positives de collègues qui affirment, à l'occasion de la transformation des procédures d'une digitalisation ou de l'automatisation d'un ensemble de tâches que telle transformation a pu libérer du temps, faire reconnaître les heures supplémentaires par exempe." 

La réalité du terrain montre que la digitalisation des entreprises est un enjeu fondamental pour les organisations syndicales qui doivent être présentes sur le terrain pour défendre les intérêts des travailleurs.

Felipe Van Keirsbilck a par ailleurs rappelé que les revendications "historiques" du syndicalisme se retrouvent aujourd'hui impactées par la digitalisation.

Deux visions de la formation qui s'opposent

Les questions liées à la formation professionnelle des travailleurs préoccupent d'ailleurs les organisations syndicales  qui plaident pour que les entreprises investissent plus dans la formation de leurs travailleurs, mais pas n'importe comment.

"Ce que l'on risque d'avoir comme cas de figure, c'est que le propriétaire d'une entreprise ait une vision de la formation qui consiste à dire: 'j'ai mes applications, mes produits informatiques, mes processus, je veux former très vite mes collaborateurs à switcher d'un modèle à un autre et donc je veux les former être efficace dans les produits informatiques que je développe", explique Felipe Van Keirsbilck.

"Et puis nous avons une vision publique et démocratique de la formation professionnelle qui dit: 'On veut que les gens se forment, restent capables de changer d'entreprise, changer de métier, ne pas être asservi à un seul logiciel ou à une seule machine.' Donc nous voulons avoir une discussion sur à quoi on doit former les gens", ajoute-t-il.

Felipe Van Keirsbilck estime que le rôle des syndicats est aussi d'entretenir un conflit démocratique sur ce qui est fait dans l'économie. "Nous voulons défendre l'idée que les travailleurs ont le droit de choisir à quoi ils veulent se former et cette formation va être réellement qualifiante, c'est à dire pas uniquement qu'on me forme à l'application XYZ qui va servir pendant trois mois et dont on n'aura plus besoin dans trois mois".

L'intérêt à long terme du travailleur ne correspond pas forcément l'intérêt à court terme du patron, raison pour laquelle Felipe Van Keirsbilck, sans nier l'utilité de la formation dans l'entreprise, croit beaucoup aux formations professionnelles assurées au niveau des secteurs eux-mêmes.

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