Collaboration entre Liège Airport et AirBridgeCargo: "On parle de 500 à 1000 emplois en plus"

Ce vendredi, une nouvelle grève impacte Ryanair, menée par les pilotes de la compagnies aériennes. Un mouvement de contestation sociale qui touche principalement les aéroports de Zaventem et Charleroi, mais ils sont loin d'être les seuls aéroports sur notre territoire, qui en compte six. Luc Partoune, directeur général de l’aéroport de Liège, était l'invité de Matin Première pour évoquer la stratégie de l'aéroport qu'il dirige.

Le système de Ryanair est "à bout de souffle", commente le patron de Liège Airport. "La première raison, c’est la non-Europe. Je pense que Ryanair a construit son modèle sur une Europe qui n’existe pas sur le plan social, aujourd'hui tout le monde en paie les conséquences".

À chacun son activité

Malgré tout, Luc Partoune considère la compagnie comme "la plus innovante de ces 20 dernières années dans le domaine aérien", mais dont le siège est dans un pays où la tradition du dialogue social est absente.

Une compagnie absente de Bierset par ailleurs, mais dont le patron ne jalouse pas son homonyme carolo : "Nous sommes sur des créneaux différents". Quant à fusionner avec l'aéroport de Charleroi, Luc Partoune estime que l'idée est mauvaise "parce que les stratégies et les niches de deux aéroports sont différentes". Celui-ci renvoie ses confrères vers Bruxelles, "puisqu'ils s'appellent eux-mêmes Bruxelles-Sud".

"Nous avons toujours eu une activité passagers chez nous", précise malgré tout le patron de Bierset, "elle est complémentaire, pas prioritaire". Ce dernier n'écarte pas l'idée d'une collaboration avec la compagnie irlandaise si elle venait à lui proposer, ni même à développer son activité passagers.

De par sa position à l'est du pays, "le défi est un peu plus élevé", selon le directeur de l'aéroport, qui se désole d'avoir "subi les soubresauts de l’activité passagers en Belgique avec Thomas Cook qui a disparu du calendrier et des activités avec des charters chinois qui se sont arrêtées".

De gros contrats sur la table

Outre le transport de passagers, c'est le transport de fret qui caractérise Liège Airport, avec plusieurs contrats sur la table. Notamment avec AirBridgeCargo, leader mondial russe dans le domaine du cargo qui pourrait apporter 500 à 1000 emplois en plus, dans "la logistique principalement, la manutention et tous les autres secteurs également parce cette activité va attirer des activités de soutien et de distribution".

L'autre associé en devenir, c'est Ali Baba, l'équivalent chinois d'Amazon. "C’est un groupe dont la filiale logistique a sélectionné Liège Airport comme point d’entrée en Europe, on est en pleine négociation pour le moment",  précise le directeur. La signature, qui tarde, est attendue pour la rentrée voire l'automne.

Cet engagement-là pourrait "représenter au moins 2000 emplois", puisqu'il s'agit "non seulement d'une activité aérienne, mais aussi d'une activité de distribution et de logistique qui va s’éparpiller". L'e-commerce, secteur d'avenir ? Luc Partoune dit oui, "il va révolutionner le mode de consommation des gens et le secteur aérien va en bénéficier énormément".

Quel avenir pour le trafic liégeois?

Le développement du trafic aérien ne l'inquiète pas, les capacités sont importantes, selon lui. Il s'agit d'"intégrer les nouvelles technologies, notamment l’avènement des drones qui vont révolutionner le transport aérien". Qui dit plus de trafics, dit aussi plus de nuisances. "Une situation qui est prise au sérieux chez nous." Luc Partoune rappelle que "la technologie au niveau des bruits des avions évolue énormément. On constate des améliorations significatives". Malgré ses 80 vols de nuits quotidiens, l'aéroport reçoit moins de plaintes que Zaventem, précise-t-il.

Le directeur se dit partisan d'une privatisation de l'aéroport, déjà privatisé en quelque sorte "puisque la Région wallonne ne détient plus que 24%. C'est tout à fait envisageable et même souhaitable à long terme". Le besoin de développement de l'aéroport nécessite des investissements. "Donc si le pouvoir public estime qu’il n’a plus les moyens ou qu’il souhaite les consacrer à autre chose, je pense que la privatisation est une bonne formule."

Reportage dans notre journal télévisé de la mi-journée

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