Clearstream: Albert Frère visé par un ancien dirigeant

L'ancien dirigeant de Clearstream, Ernest Backes, a demandé à être entendu par la juge d'instruction de Charleroi, France Baeckeland, qui enquête sur une plainte visant le milliardaire Albert Frère, estimant que ce dernier pourrait être lié à l'affaire de falsification de listings jugée à Paris, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Coauteur en 2001 avec Denis Robert -l'un des inculpés du procès ouvert à Paris- du livre "Révélations$" mettant en cause la chambre de compensation luxembourgeoise, Ernets Backes, qui est Luxembourgeois, a indiqué à l'AFP qu'il souhaitait être reçu par la juge Baeckeland, confirmant une information de Challenges.

Prêt à témoigner

Contacté par l'AFP, un représentant d'Albert Frère s'est refusé à tout commentaire.

Ernest Backes, qui a affirmé ne rien vouloir dire "avant d'avoir vu un juge", avait écrit début septembre à un homme d'affaires français, Jean-Marie Kuhn. Celui-ci s'est lancé dans une bataille judiciaire contre Albert Frère, dont il dénonce le rôle dans la fusion GDF-Suez. Après avoir vainement tenté de faire ouvrir une enquête en France, il a été à l'origine d'une plainte instruite à Charleroi par la juge France Baeckeland. Jean-Marie Kuhn affirme avoir compris, au travers de l'affaire qui l'oppose à Albert Frère, que celui-ci et Nicolas Sarkozy se sont entendus pour faciliter l'opération de fusion entre GDF et Suez, au profit d'Albert Frère.

Dans un courrier,  Ernest Backes, qui se dit "prêt à témoigner", prête un rôle au "réseau Frère" dans "la mise en orbite de l'affaire" de dénonciation calomnieuse.

Au cours de l'enquête Clearstream en France, Ernest Backes avait été entendu à deux reprises par les policiers comme témoin, sans évoquer un quelconque rôle d'Albert Frère. Le contrôle judiciaire de Jean-Louis Gergorin et d'Imad Lahoud, deux des prévenus au procès Clearstream, leur interdisait d'entrer en contact avec lui.

Remous

Les remous créés par cette affaire périphérique au dossier Clearstream sont peut-être de nature à observer d'un autre oeil la joute qui se déroule à Paris entre Nicolas Sarkozy et l'ancien Premier-ministre Dominique de Villepin, accusé d'avoir utilisé contre le premier des documents qu'il savait faux. Mais en l'absence d'élement tangible, ils peuvent aussi constituer une opportune manière d'entretenir le brouillard dans une affaire déjà très nébuleuse.

(T. Nagant avec Belga)

 

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