Chypre: le traitement des épargnants doit-il servir de modèle?

Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, veut voir dans le traitement des épargnants chypriotes un modèle européen
Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, veut voir dans le traitement des épargnants chypriotes un modèle européen - © AFP PHOTO JOHN THYS

Si à l'avenir, l'Union devait connaître des faillites de banques, les gros déposants seraient mis à contribution. C'est du moins ce qu'a déclaré le commissaire aux affaires économiques Olli Rehn à la télévision finlandaise.

 

La commission européenne travaille en ce moment sur une législation qui encadre précisément les éventuelles faillites des banques, histoire d'empêcher que comme c'est le cas aujourd'hui, les états viennent systématiquement au secours des banques mêmes les plus "pourries".

L'idée est d'engager la responsabilité des banques elles-mêmes avant tout, c'est à dire la responsabilité de leurs actionnaires qui seraient les premiers à souffrir en cas de faillite, mais aussi en derniers recours les déposants. Et plus précisément les gros épargnants puisque la future directive ne touche pas à une autre obligation européenne, celle pour les états de garantir quoiqu'il arrive à la banque les 100 000 premiers euros par déposant. Le fait de prévoir la garantie pour ces 100 000 premiers euros seulement était déjà le signe qu'au-delà rien n'était assuré.

La semaine dernière le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem s'était fait remonter les bretelles quand il avait osé dire que le cas chypriote serait un modèle pour des situations du même type à l'avenir. La zone euro avait craint une possible panique des clients des banques dans les pays fragiles.
La différence avec Olli Rehn c'est que le commissaire ne fait qu'évoquer une proposition de directive qui devra encore ensuite être approuvée ou non par les états membres et par les députés européens.

Anne Blanpain

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