Chute des prix, accumulation des stocks... La filière porcine s'inquiète

En 1990, la Wallonie comptait 1997 élevages de porc; aujourd'hui, il n'y en a plus que 179.
En 1990, la Wallonie comptait 1997 élevages de porc; aujourd'hui, il n'y en a plus que 179. - © FRED TANNEAU - AFP

Les éleveurs de cochons souffrent de l'embargo imposé par la Russie. En temps normal, les éleveurs belges exportent une grande partie de leur viande en Russie. Depuis l'imposition de l'embargo russe, c'est fini. Du coup, les stocks de viande de porc s'accumulent et les prix chutent.

Avec son fils, José Annet exploite une ferme d'une centaine d'hectare, en province de Luxembourg, où il élève, en bio, aussi bien des vaches que des brebis. Depuis quelques années, il s'est aussi lancé dans l'engraissage de porc. Jusqu'ici, il n'avait pas trop souffert de l'embargo russe. Sa production s'écoule d'abord sur le marché belge. Mais cela pourrait bien changer.

"Il faut se dire que si le porc industriel est vraiment très bas, on ne sait pas avoir un prix pour le bio qui est quatre fois plus cher. Il y a un problème de concurrence sur le marché. On ne peut pas faire ce qu’on veut", déplore José Annet.

Des aides pour acheter la viande moins chère

Alors lui aussi est inquiet et voudrait voir le ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus (MR), s'engager davantage.

"De ces jours-ci, on a rencontré le ministre Borsus qui nous a dit que, si on voyait les grandes distributions acheter la viande trop bon marché, ils avaient le droit d’aller leur tirer les oreilles. Il y a vingt ans que la grande distribution a vite fait le calcul. Ils ont des aides pour acheter la viande moins chère. On achète toujours moins cher."

Résultait : la Wallonie comptait 1997 élevages de porc en 1990; aujourd'hui, il n'y en a plus que 179.

Et en attendant une hypothétique aide de l'Europe ou d'ailleurs, la seule façon d'aider la filière porcine, implorent ses acteurs, c'est d'acheter belge.

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