Chute des bourses mondiales: "Les investisseurs n'ont pas écouté"

Plongeon des places boursières dans le monde. Ce mercredi Wall Street était en décrochage de plus de 3% et le Nasdaq chutait de 4%. Aujourd’hui, c’était au tour des bourses Asiatiques de dévisser de -3, -5... jusqu'à -7% pour la bourse de Shenzhen. Tout a été déclenché hier par l’annonce de la banque centrale américaine. La FED a annoncé qu’elle remontait ses taux d’intérêts de 0,25% - pour la troisième fois cette année. Et ce devrait encore être le cas une fois en 2018, dans le courant du mois de décembre.

On ne peut donc pas parler de surprise. Le but pour la banque centrale américaine, c’est d’éviter une surchauffe de l’économie. Aux Etats-Unis, la croissance est solide pour l'instant, le chômage est bas et l’inflation - la hausse des prix, commence tout doucement à inquiéter. Remonter les taux d’intérêt, c’est rendre les emprunts plus chers, et éviter que l’économie s’emballe. Qu’à long terme, les prix s’envolent.              

Les fondamentaux économiques restent bons        

La chute des bourses mondiales d'hier et aujourd'hui constitue une correction, selon une immense majorité des analystes: un renversement négatif de tendance, passager, qui ne devrait pas amorcer une baisse des marchés sur le moyen terme. D'ailleurs, les fondamentaux économiques restent plutôt bons.

Ce qui est un peu surprenant dans cette correction, c'est que la décision de la banque centrale américaine était tout à fait prévisible. Un peu comme si les investisseurs n’avaient pas intégré ou pas voulu comprendre que les taux d’intérêts allaient effectivement être augmentés par la FED. 

Une déculottée

Bernard Keppenne, l’économiste en chef de la banque CBC parle d'ailleurs d’une "déculottée" pour les marchés boursiers. Parce que selon lui, les investisseurs n’avaient effectivement jusqu’ici pas intégré les intentions de la banque centrale américaine: "Il y avait une méconnaissance de la volonté pourtant très claire de la banque centrale américaine, qui était de dire "nous sommes vraiment dans une politique de normalisation de taux, on vous le dit, mais c'est vrai que vous n'écoutez pas"."

Les investisseurs n'ont pas écouté la FED

Des marchés qui n’auraient pas écouté, pas pris en compte ce qui était effectivement prévisible. Et considéré comme logique. La remontée des taux américain était qualifiée d’inévitable, entre autres par le FMI. Même si le président américain Donald Trump a vivement fustigé cette décision de la FED. Parce que remonter les taux d’intérêt, ça limite l’augmentation des prix, mais à court terme, ça fait en sorte que les emprunts coûtent plus cher pour les entreprises et les ménages. Et "le président Trump est dans une logique uniquement électoraliste pour l'instant", selon Bernard Keppenne. 

Donald Trump a une vision très primaire sur le rôle d'une banque centrale

"Son objectif, c'est le résultat des élections à mi-mandat et donc il veut le meilleur bilan économique possible - même s'il profite surtout de ce qu'Obama a fait plutôt que de sa propre action - et il veut donc clairement éviter une remontée des taux qui va pénaliser les ménages américains pour les prêts hypothécaires. Et en plus, il a une vision très primaire sur le rôle d'une banque centrale. Il estime, parce qu'il est dans une logique d'homme d'affaire, qu'une remontée des taux, c'est négatif".

Contagion aux bourses asiatiques

Les places boursières européennes, elles, ont été relativement épargnées par la correction. Elles ont été touchées, mais de manière plutôt modérée. Ce sont surtout les bourses Asiatiques qui ce matin ont ouvert en net recul. Que ce soit à Hong Kong à Tokyo, ou à Shanghai. En partie parce que des taux d’intérêts qui augmentent sur le dollar, cela pèse sur les devises de pays émergents comme les pays de la zone asiatique.

Des pays ont profité des taux d’intérêts bas jusqu’ici, pour contracter des emprunts en dollars. Ils ont donc pour toute une série d’entre eux, de la dette libellée en dollar qui vient d’augmenter. Et ce phénomène-là ne concerne ne concerne pas les pays européens.

Mais en plus de ça, le facteur des tensions commerciales est venu s’ajouter à la hausse des taux d’intérêts. C’est la Chine qui est directement visée par les Etats-Unis, et les autres pays de zone asiatique sont directement dépendants de l’évolution de l’économie chinoise.

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