Chine: le Salon de l'auto de Pékin ouvre sur fond de concurrence mondiale

Des visiteurs au Salon automobile de Pékin, le 22 avril 2012
Des visiteurs au Salon automobile de Pékin, le 22 avril 2012 - © AFP

Tous les grands constructeurs automobiles de la planète vont chercher à séduire le public chinois lors du Salon automobile de Pékin qui ouvre ses portes lundi, au coeur du premier marché mondial sur lequel la croissance s'est ralentie et la concurrence exacerbée.

L'édition 2012 du plus grand salon automobile de Chine, qui se tient une année sur deux à Shanghaï et l'autre dans la capitale, verra, jusqu'au 2 mai, "120 lancements mondiaux de véhicules, dont 36 réalisés par des multinationales", selon son site internet officiel.

Seront également présentés 74 concept-cars ainsi que 88 véhicules à énergies nouvelles.

"Tandis que le centre de gravité de l'industrie automobile mondiale se déplace encore un peu plus vers la Chine et quelques autres économies émergentes, l'industrie chinoise a une occasion historique à saisir", et doit pour cela "augmenter sa capacité à innover", d'après les organisateurs.

Après une croissance explosive en 2009 et 2010, le marché a brutalement ralenti l'an dernier après la fin d'aides gouvernementales à l'achat de véhicules de petite cylindrée, avec seulement 2,5% de hausse du nombre de véhicules vendus, à 18,51 millions de véhicules.

Les voitures de tourisme, premier segment du marché, ont tout de même affiché une croissance de 5,2% à 14,5 millions d'unités.

"En 2011 nous avons assisté à une normalisation de la demande", estime Klaus Paur, analyste du marché automobile chez Ipsos basé à Shanghaï.

"Il y a une forte pression sur les prix de ventes au consommateur. Actuellement, même si nous avons une demande soutenue dans le segment luxe, il y a aussi beaucoup de rabais", selon Klaus Paur.

Les constructeurs étrangers sont sur le terrain

Face aux difficultés du secteur, qui est l'un des piliers de l'économie chinoise, Pékin a annoncé en décembre la fin de mesures de "soutien à l'investissement étranger", ce qui n'a pas empêché plusieurs constructeurs internationaux, dont Volkswagen ou Ford, d'annoncer récemment la construction de nouvelles usines pour augmenter leurs capacités.

Les constructeurs étrangers ont par ailleurs été pressés par le gouvernement de lancer de nouvelles marques au sein de leurs co-entreprises avec leurs partenaires chinois.

Il y a "une prise de conscience progressive de la Chine que les marques sont capitales aujourd'hui et que la Chine n'a pas assez mis l'accent là-dessus", a déclaré à l'AFP Maxime Picat, directeur général de Donfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA), la co-entreprise du groupe PSA en Chine.

Cette politique vise aussi à accélérer les transferts de technologie.

"Le gouvernement a fait un peu les comptes après une vingtaine d'années d'ouverture de l'industrie automobile à des partenariats internationaux en Chine. Le résultat est que le transfert a été très limité", a expliqué Maxime Picat.

L'établissement de "marques autochtones" par les co-entreprises sino-étrangères est censé résoudre ce double problème pour l'industrie automobile chinoise, mais il pourrait paradoxalement pénaliser les marques des constructeurs chinois dont les parts de marché, inférieure à 30%, stagnent ou reculent.

Les difficultés des constructeurs chinois sur leur marché intérieur pourraient enfin les inciter à renforcer leur présence à l'étranger, y compris en Europe où le constructeur Great Wall Motor a démarré en février la production dans une usine en Bulgarie.

"Au plus tard dans 5 ans, la Chine devrait se lancer dans une offensive à l'exportation" de voitures, prévient aussi Ferdinand Dudenhöffer, professeur au Center Automotive Research en Allemagne.

AFP

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