Cela se confirme depuis 30 ans: la répartition des richesses favorise les plus fortunés

La répartition des richesses favorise davantage les gens fortunés. Et ce n'est pas nouveau.
La répartition des richesses favorise davantage les gens fortunés. Et ce n'est pas nouveau. - © Tous droits réservés

Les salariés belges sont-ils lésés dans le partage des richesses créé en Belgique? Si l’on en croit une étude récente de deux économistes de l’université catholique de Leuven, la réponse est plutôt oui.

Yannick Bormann et Philippe Abraham constatent qu’en 30 ans, la part de la valeur ajoutée destinée aux salaires a baissé en Belgique. Elle est passée de 65,6 à 60,4%. Un recul important. Par un effet de vases communicants, ceux qui possèdent le capital ont, eux, capté une part de plus en plus grande de la richesse produite en Belgique.

Et la Belgique ne fait pas exception, le constat vaut pour la plupart des pays de l’OCDE dans une plus ou moins grande mesure, selon les cas. Pour Bruno Bauraind, secrétaire général du Gresea, le Groupe de recherche pour une stratégie alternative, la Belgique fait néanmoins encore partie des pays où le transfert de la valeur ajoutée des salaires vers le capital a été relativement contenu. " La part salariale belge résiste un peu mieux que dans d’autres pays parce que nous gardons un modèle social assez fort, avec une indexation automatique des salaires et une négociation collective qui, même si elle est de plus en plus encadrée par la norme salariale, par le gouvernement et par la Commission européenne, nous permet encore d’avoir une part salariale qui résiste un peu mieux que dans d’autres pays"

La richesse des riches ne favorise pas les investissements

Pour résumer, les détenteurs du capital captent une part plus grande de la richesse et les salariés une part moindre. La question est de savoir si le capital étant mieux rémunéré, il y a eu un impact sur l’investissement et une hausse éventuelle de l’investissement productif. Pour Bruno Bauraind, c’est clairement non. "C’est une leçon assez importante, il me semble. Depuis les années 80, la part de l’investissement productif dans cette valeur ajoutée en Belgique stagne, voire diminue. On ne peut donc pas vraiment dire que le fait d’avoir transféré de l’argent vers le capital, en tout cas d’avoir transféré une part plus importante de la valeur ajoutée vers les revenus du capital, a engendré des investissements productifs. Ça, on ne peut pas le dire."

La fameuse théorie du ruissellement, qui veut que quand les riches s’enrichissent encore, ça finit par bénéficier aux moins riches, est donc mise en cause. Cette théorie se base sur l’idée que les revenus des plus riches finissent par être réinjectés dans l’économie sous la forme d’investissements directs ou via l’épargne et la consommation, ce qui favorise l’activité économique et donc l’emploi. Mais aucune étude économique sérieuse ne confirme cette théorie. En revanche, pas mal d’études, notamment une de l’OCDE en 2014, montrent que les inégalités de revenus réduisent la croissance économique, et c’est très net.

 

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