Caterpillar: une entreprise qui a aussi beaucoup profité des notionnels

Le PTB s'est fait une spécialité de dresser le portrait fiscal des grandes entreprises qui licencient. Et pour refaire le portrait de Caterpillar, la formation de gauche radicale est remontée jusqu'à la création de la division belge du groupe, en 1985. A l’époque  le système des intérêts notionnels n'existait pas. Certaines entreprises réalisaient de substantielles économies via le régime des centres de coordination.

Le PTB fait donc la somme des ristournes fiscales de Caterpillar au cours des dix-huit dernières années, pour parvenir à un total de 115 millions d'euros. Le parti des travailleurs estime par ailleurs que, sur la même période, Caterpillar a payé en moyenne 3,3% d'impôts lorsque le taux de base s'élève à 40%.

Certes rien d'illégal, mais toujours la même interrogation quant à l'absence de conditionnalité de ces avantages fiscaux, en particulier en terme de création d'emplois. Et la même interrogation aussi lorsque le bénéfice du groupe Caterpillar, au plan mondial, augmente encore de 15% en 2012, pour s'établir à 4,2 milliards d'euros.

L'explication donnée par le patron de Caterpillar Gosselies à la nécessité d'un plan industriel contenant un important volet social réside notamment dans la concurrence des pays émergents dont la Chine, qui fabrique des outils moins chers.

L'eldorado chinois

Mais il semble que Caterpillar ait aussi réalisé de mauvaises affaires en Chine comme le souligne cet article du Monde de la fin janvier 2013. La multinationale aurait été grugée lors du rachat de l'entreprise Siwei, spécialisée dans les travaux miniers. Les dirigeants de la société achetée auraient ni plus ni moins maquillés les comptes pour rendre la mariée plus belle, au nez et à la barbe des plus grands consultants appelés par Caterpillar à accompagner l'achat.

 

"Le miracle économique chinois aveugle certaines entreprises étrangères, désireuses de réaliser des acquisitions pour profiter de la croissance, surtout dans un contexte morose en Occident", constate Olivier Rui, professeur 

de comptabilité à l'Ecole sino-européenne de commerce international à Shanghaï, interrogé par Le Monde.

Résultat, le groupe a du inscrire 432 millions d'euros en déduction de son bénéfice. Un faux pas que payent peut-être les travailleurs de Gosselies ou d'ailleurs.

T.N.

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