Caterpillar: les raisons économiques qui ont entraîné la fermeture de Gosselies

Caterpillar avait déjà annoncé jeudi la suppression de 261 postes en Irlande du Nord. Dans ce contexte, l’arrêt des activités de Caterpillar à Gosselies n’est qu’une demi-surprise.

Une surprise, parce que le site de Caterpillar était le quartier général de l’entreprise pour l'Europe. D’autre part, le site avait été lourdement restructurée dès 2013. Le groupe y avait investi 151 millions d’euros pour moderniser les lignes de production et, ainsi, rester compétitive pour l’avenir. Gosselies était redevenue une usine très performante et son patron belge s’était déclaré carolo dans l’âme. Ce sont ces éléments qui, mis bout à bout, permettent de dire que la fermeture du siège est une surprise.

Une baisse de 40% tant pour le chiffre d’affaires que pour les bénéfices

En revanche, le site de Gosselies ne fonctionnait qu’à 80% de sa capacité, ce qui est le signe de pertes financières pour une usine. Plus globalement, le groupe international va très mal depuis longtemps. Caterpillar représentait 65 milliards de chiffre d’affaires en 2012, mais seulement 47 milliards en 2015. Au total ses résultats ont lourdement chuté : une baisse de 40% tant pour le chiffre d’affaires que pour les bénéfices. Des chiffres qui comptent pour un groupe côté à Wall Street. La décision a donc été prise de couper dans ses coûts de production. Ce qui expliquerait le sacrifice annoncé du site de Gosselies.

Tous les marchés du groupe, que ce soit le secteur du génie civil destiné à la construction, au pétrole ou au secteur minier, se portent mal dans le monde. Et la concurrence est forte. Le groupe souffre sur tous ses marchés, et singulièrement en Europe où la croissance n’est plus au rendez-vous. C’est toute l’équation économique qui est mauvaise

Trop d’usines pour une demande insuffisante

Caterpillar a trop d’usines dans le monde et produit trop d’engins pour lesquels la demande est en baisse.

Dès l’an dernier, le groupe avait annoncé un plan de restructuration de 10 000 emplois. Il n’a pas hésité à fermer deux usines aux États-Unis, sur son propre marché domestique. Une nouvelle indication que la demande n’est plus au rendez-vous. L’un des seuls marchés encore actifs est l’Asie, et il est possible qu’une partie des activités de Gosselies soit précisément délocalisée vers la Chine et le Japon.

Mais aussi vers Grenoble pourtant si proche de la Belgique. Mais cette fois, pour d'autres raisons. L’usine est plus petite, n’a pas de siège européen et les coûts fixes y sont plus faibles. Mais surtout, entre notre pays et la France, les coûts énergétiques pour l’industrie et les charges sociales sont largement favorables au site de l’Hexagone. Même si l’on peut se demander l’intérêt qu’il y a à localiser la production d’engins lourds dans les montagnes, alors que le site de Gosselies est fort proche du port d’Anvers.

Triste fin pour le site de Caterpillar de Gosselies qui était déjà, dans le bassin de Charleroi, une forme de reconversion après la disparition de la sidérurgie. Avec cette fermeture, c’est un pan important de l’emploi manufacturier qui est sur le point de disparaître.

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