Une raison des licenciements chez Carrefour: des caisses "automatiques" dans tous ses hypermarchés

Carrefour Belgique a annoncé, ce mercredi lors du conseil d'entreprise extraordinaire qui s'est tenu au siège de la société à Evere, son intention d'installer plusieurs caisses self-chekout, c'est-à-dire où le client scanne lui-même ses articles à la sortie. Le changement se fera dans ses hypermarchés au cours des deux prochaines années, indique l'entreprise dans un communiqué. 

Delphine Latawiec, secrétaire permanente nationale pour la CNE, a participé à la premier réunion pour savoir pourquoi Carrefour veut réaliser un licenciement massif. "Maintenant, on le sait, c’est l’introduction de self check-out, comme vous avez chez Décathlon, chez IKEA ou chez Delhaize, et aussi toute une nouvelle organisation du travail, dont l’organigramme notamment qui va être revu."

Pour justifier l'implantation de caisses "self-checkout", Carrefour explique que ce type de caisse est apprécié des clients, est "idéal pour des achats rapides" et évite les longues files.

Les syndicats rencontraient ce mercredi la direction de Carrefour dans le cadre de la première phase de la procédure Renault, initiée à la suite de l'annonce de la suppression de 1233 emplois par l'entreprise la semaine dernière.

513 pertes à imputer aux nouvelles technologies

Sur ce total, "513 suppressions sont dues aux nouvelles technologies – essentiellement l'installation de ces self-checkout –, mais aussi à l'organisation nouvelle dans les hypermarchés : 238 en Wallonie, 100 à Bruxelles et 175 en Flandre", a précisé Delphine Lattawiec, secrétaire permanente nationale de la CNE, à la sortie de la réunion avec la direction de Carrefour.

Dans le détail, ces chiffres concernent 43 personnes pour les provinces de Namur et Luxembourg, 81 pour le Hainaut, 44 pour le Brabant wallon et 70 pour Liège.

À ceux-là s'ajoutent les personnes travaillant dans les hypermarchés de Haine-Saint-Pierre et de Belle-Île, touchées directement par la restructuration : 66 pour le premier, 140 pour le second.

Quant au siège social, à Bruxelles, les services concernés par le plan de transformation où 180 emplois devraient passer à la trappe sont désormais définis, mais la direction souhaitait pouvoir communiquer aux travailleurs avant de donner des précisions aux médias.

"Nous devrons décortiquer les chiffres à tête reposée. Nous ferons des assemblées demain matin (ce jeudi matin, ndlr)", indique encore la représentante syndicale CNE.

Conseil d'entreprise "très tendu"

"Le conseil d'entreprise a été très tendu et la direction n'est pas venue avec des réponses concrètes mais un complément d'information. Tout cela reste très vague, sans plan commercial", a pour sa part indiqué Myriam Delmée, vice-présidente du Setca, à l'issue du conseil d'entreprise extraordinaire chez Carrefour à Evere. Un nouveau conseil d'entreprise est prévu le 7 février prochain.

"Les pertes d'emplois sont estimées entre 10 et 24-25 personnes par hypermarché touché mais cela reste vague et variable. Plusieurs services sont touchés au siège mais où et combien de postes ?", explique Myriam Delmée. "Finalement, on n'en sait pas beaucoup plus. Nous voulons des réponses chiffrées sur les magasins lors du prochain conseil d'entreprise.

Du côté du Setca, on ne prévoit pas d'actions dans l'immédiat "sauf si cela pouvait dégénérer dans les assemblées de travailleurs".

Effectivement, Carrefour n’est pas en difficulté aujourd’hui

Myriam Delmée relève que "ce n’est pas un plan commercial ambitieux qui vise à pérenniser les magasins. Pour vous donner une note d’ambiance, ils ont commencé en nous disant : 'Vous savez, Carrefour est tout à fait rentable, en 2018 Carrefour est rentable. Ce qu’on vous demande de faire comme effort ici c’est pour quand on ne le sera plus en 2020 si on continue comme ça'."

Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour, confirme : "Effectivement, Carrefour n’est pas en difficulté aujourd’hui. Ce plan de transformation n’est pas un plan de sauvetage de Carrefour. Par contre, si nous ne prenons pas ces mesures que nous avons communiquées la semaine passée, là effectivement, un jour l’entreprise pourrait se trouver dans les problèmes."

Pour la direction, il s'agit donc d'une vision justifiée par une gestion en bon père de famille. La prochaine réunion entre partenaires sociaux et direction se tiendra mercredi prochain, le 7 février.

La semaine dernière, Carrefour Belgique a annoncé un plan de restructuration qui pourrait se solder par la suppression de 1233 emplois. 

"Ce plan de transformation n'est pas un plan de sauvetage de Carrefour, précise Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour. Mais si nous ne prenons pas ces mesures communiquées la semaine prochaine, l'entreprise pourrait se retrouver avec des problèmes très importants. C'est ce que nous devons éviter, déjà pour l'entreprise et les 11.500 collaborateurs."

La prochaine réunion entre syndicats et direction aura lieu le mercredi 7 février. D'ici-là, le front commun essayera de proposer un calendrier plus précis pour le rythme des négociations.

Écoutez la réaction de Carrefour :

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