CarPay-Diem : permettre aux automobilistes de payer leur plein de carburant sans contact

Les petites entreprises tentent de s'adapter dans la crise. C'est le cas, en Gaume, de la start-up CarPay-Diem. CarPay-Diem est un service qui permet de payer son plein quand on est à la pompe à essence depuis son téléphone, et donc en ne devant pas aller au magasin de la station-service. Très concrètement, vous arrivez avec votre voiture à la pompe, vous êtes géolocalisé, on sait dans quelle station vous êtes et vous n’avez qu’à dire signaler que vous êtes devant la pompe numéro 6, par exemple. Cette pompe se débloque, vous faites le plein et c’est terminé, vous pouvez déjà vous en aller. Le paiement se fait après, via un moyen de paiement que vous avez encodé préalablement dans l’application, votre carte de crédit par exemple, dont vous auriez donné le numéro.

CarPay-diem, ce n’est pas une application en tant que telle, c’est un service qui est vendu et qui est intégré à des applications déjà existantes, typiquement des applications de pétroliers, tels que Lukoil ou Colruyt avec son réseau de pompes à essence DATS 24. Il y a aussi des banques qui l’utilisent, comme Belfius. Les clients Belfius peuvent disposer de ce service quand ils sont connectés à leur application bancaire. On voit donc bien qu’ici les clients de cette petite entreprise ne sont pas vous ou moi, ce n’est pas le consommateur final, mais ce sont les pétroliers, ce sont les banques, ce sont ces applications qui implémentent le service sur leurs apps.

Paiements sans contacts

Cela fonctionne bien  en ces temps où, depuis la crise du coronavirus, les paiements sans contact sont encouragés. Les premières semaines ont quand même été difficiles, comme pour beaucoup de monde. Peu de monde sortait, donc peu d'automobilistes faisaient le plein, mais très rapidement, cette crise du coronavirus est devenue une opportunité, explique Frédéric Stiernon, le co-fondateur de CarPay-Diem: "On en profite effectivement, parce que les pétroliers ont dû accélérer leur réflexion relative à la digitalisation. Le fait de pouvoir faire le plein de manière digitale, c’est-à-dire sans toucher le terminal de paiement et éventuellement sans entrer dans la boutique est important pour le client, qui va se sentir en sécurité s’il utilise son propre téléphone plutôt que du matériel externe. C’est donc ne mettre ni le personnel ni le client en risque de s’échanger éventuellement le virus".

Pouvoir se passer d'entrer dans la boutique de la pompe, c'est l’inverse de ce que recherchent les pétroliers : le magasin est important dans le modèle économique des groupes pétroliers. Ils comptent sur ces boutiques pour aussi gagner de l’argent. Mais au contraire, pour Frédéric Stiernon, son service permet d’attirer plus de monde dans ces boutiques : "Aujourd’hui, le seul moyen que le pétrolier a pour faire rentrer le client dans son shop est de placer une affiche en disant 'voici le produit qu’on vous propose cette semaine, bénéficiez de telles réductions sur la boîte de Coca' ou quelque chose comme ça. Ici, avec CarPay-Diem, en fonction du profil du client, le pétrolier va être en mesure de pousser une offre en fonction du moment de la journée. Le matin, il va peut-être proposer un café gratuit si vous prenez deux croissants, le temps de midi ce sera peut-être une bouteille de Coca, et le soir ce sera peut-être une troisième chose. En fonction du contexte, vous allez recevoir des offres adaptées à votre situation".

Monétiser la base d'utilisateurs

Un des enjeux de cette digitalisation est de connaître ses clients pour parvenir à monétiser la base d’utilisateurs. Aujourd’hui, quand vous allez à la pompe à essence, vous prenez du carburant, vous payez et vous repartez. Et le pétrolier ne sait rien de l'automobiliste. Ici, le but est de drainer des clients qui, avant, se seraient probablement arrêtés dans n’importe quelle pompe à essence. Désormais ils viendront chez vous parce qu’ils savent qu’ils vont bénéficier de ce service et, une fois qu’ils sont là, un service personnalisé peut leur être proposé.

Manifestement, cela fonctionne. Frédéric Stiernon explique qu’il reçoit des coups de fil de pétroliers des quatre coins d’Europe avec qui il n’avait jamais discuté il y a encore quelques semaines. Au début de l’année, cinq personnes travaillaient dans cette entreprise. Il y en aura 15 dans un mois. Le nombre de stations connectées a été multiplié par 10 cette année. Cela montre que cette crise du coronavirus a été un accélérateur de business pour cette petite entreprise du sud de la Belgique.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK