"C'est vraiment dramatique pour les commerçants indépendants", estime l'Union des Classes moyennes

Les indépendants font à nouveau face à des mesures très dures. La désillusion est de mise après le reconfinement partiel annoncé ce lundi à l’issue du Conseil National de Sécurité. Pour l’UCM, l’Union des Classes Moyennes, pas question de remettre en question le bien-fondé des décisions, qui doivent empêcher une nouvelle vague de l’épidémie de coronavirus. Mais elles sont difficiles à avaler pour des milliers d’indépendants qui commençaient tout doucement à sortir la tête de l’eau, après le confinement ordonné au mois de mars.

On fait face à des semaines qui vont vraiment être très difficiles

"C’était déjà difficile ces dernières semaines. La reprise était très lente et pourtant, on était dans un trend positif d’un déconfinement qui s’accélérait", analyse Clarisse Ramakers, directrice du bureau d’études de l’UCM. "Et puis là, on marque un coup d’arrêt à ce déconfinement. C’est vraiment dramatique pour les commerçants indépendants qui commencent les soldes début août et également dans l’Horeca puisque quelque part en réduisant la bulle, on modifie le climat de confiance qui commençait à se restaurer chez les consommateurs. On sait que ça va avoir un impact sur la fréquentation et donc sur la rentabilité des commerces de l’Horeca. On fait face à des semaines qui vont vraiment être très difficiles."

Une perte de productivité

Le retour du télétravail généralisé, c’est également une autre crainte pour l’UCM. "Pour les employeurs, c’est compliqué puisqu’ils ont mis en place toute une structure de télétravail. Et puis, on a pu reprendre le travail progressivement sur son lieu de travail. Et là, quelque part, on fait à nouveau marche arrière. Donc, ça veut dire qu’il faut remettre en place ce qui avait été fait lors du lockdown. Ça veut dire que tout le monde doit se réadapter. Cette réadaptation, ça engendre généralement une perte de productivité."

Il va falloir s’adapter et cela engendre des coûts pour les employeurs. Ils réclament, estime l’UCM, de nouvelles aides urgentes de compensation en plus de celles déjà mises en place (droit passerelle pour les indépendants, primes régionales ponctuelles uniques pour les entreprises, chômage temporaire…).

Soldes et restriction de la consommation

"Il va falloir vérifier si ces mesures sont suffisantes et nous pensons que non", estime Clarisse Ramakers. "À partir du moment où, à la veille des soldes, on restreint quelque part la consommation dans les commerces indépendants de par les mesures sanitaires. On veut qu’il y ait une prise en compte de la situation économique au même titre que la situation sanitaire avec des mesures fortes qui sont prises pour soutenir les entrepreneurs. Nous demandons la prolongation du droit passerelle après le 31 août". D’autre part, l’UCM réclame des mesures régionales complémentaires.

Pour le Syndicat Neutre des Indépendants, même son de cloche. "On comprend" les nouvelles mesures "mais on regrette". Le SNI parle de catastrophe pour l’Horeca, pour l’événementiel, pour les commerces indépendants.

Pour la FEB, il faut éviter une deuxième vague

Pour les PME, du côté de la Fédération des Entreprises de Belgique, une autre organisation patronale qui compte de grosses entreprises dans ses membres, on préfère pour le moment voir le verre à moitié plein. Les mesures sont strictes certes, mais elles sont absolument nécessaires pour éviter une seconde vague qui serait encore bien pire pour les entreprises, pour l’économie belge en général.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK