Budget: Rome maintient le cap malgré les critiques et la hausse des taux

Matteo Salvini, Vice-président du conseil des ministres de l'Italie
Matteo Salvini, Vice-président du conseil des ministres de l'Italie - © Serrano/Agf - ISOPIX

Le gouvernement populiste italien a réaffirmé mercredi qu'il ne changerait pas ses prévisions de budget malgré les critiques et la hausse des taux d'emprunt.

Mardi soir, le bureau parlementaire du budget (UPB) italien, chargé de vérifier la conformité des objectifs budgétaires par rapport aux paramètres fixés par l'Union européenne, a rejeté les prévisions contenues dans le projet de loi de finances 2019, les jugeant trop optimistes. Rome table sur une croissance de 1,5%, alors que l'UPB prévoit entre 1,1% et 1,3%, et que la plupart des institutions, comme le Fond monétaire international (FMI), pronostiquent un chiffre autour de 1%.

S'exprimant devant les commissions parlementaires des Finances, le ministre de l'Économie Giovanni Tria a estimé mercredi que les prévisions de l'UPB se basaient sur des données "partielles et obsolètes" et a confirmé celles du gouvernement, qui prévoit un déficit de 2,4% l'an prochain. L'avis du bureau du bufget italien est "plus un stimulus pour agir qu'une raison pour baisser nos ambitions", a-t-il ajouté.

Les deux vice-présidents du Conseil, Matteo Salvini, leader de la Ligue (extrême droite), et Luigi Di Maio, patron du Mouvement cinq Etoiles (M5S, antisystème), sont aussi montés au créneau pour défendre la loi de finances, qui a également suscité des critiques de Bruxelles. "La loi de finances ne changera pas", a répété le leader de la Ligue. "Nous ne retournerons pas en arrière parce que c'est un budget qui aide le pays. Point". En raison des inquiétudes autour du budget, le "spread" -le très surveillé écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans- s'est largement accru ces derniers jours. Mercredi, il évoluait sous la barre symbolique des 300 points sur le marché secondaire.

L'État italien a placé mercredi six milliards d'euros en bons du Trésor, à un taux de 0,949%, son plus haut niveau depuis cinq ans. Le taux a doublé par rapport au dernier placement en septembre.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires européennes, Paolo Savona, d'habitude sur une ligne dure, a déclaré mardi soir que si le spread grimpait à des niveaux exceptionnels, "il faudra changer la loi de finances", tout en la jugeant "prudente, modérée et correcte".

Mais mercredi, Luigi Di Maio a jugé que "les paroles de Savona avaient été instrumentalisées". "Cette histoire de spread à 400 points est un moyen de terroriser les citoyens (...) Je suis très optimiste. Quand nous parlerons avec l'UE, il se calmera", a-t-il dit.

Giovanni Tria a également réaffirmé que la hausse des taux constituait une "réaction excessive (des marchés), non justifiée par l'économie et les finances publiques italiennes".

Archive : Matin Première 03/10/2018

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