Budget italien recalé par l'Europe: Rome ne compte rien changer

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, le 20 novembre 2018 à Rome
Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, le 20 novembre 2018 à Rome - © TIZIANA FABI

La coalition populiste italienne a réaffirmé jeudi sa volonté de maintenir son budget 2019 en l'état, malgré son nouveau rejet par la Commission européenne.

"Si c'est dans l'intérêt des Italiens, nous ne sommes disposés à renoncer à rien", a affirmé le chef du gouvernement Giuseppe Conte, alors qu'on lui demandait à quoi il était prêt à renoncer dans le cadre des négociations avec la Commission.

Il a précisé "avoir hâte de dialoguer avec le président (de la Commission Jean-Claude) Juncker et les autres commissaires invités au dîner de samedi".

"J'expliquerai qu'il s'agit d'un budget conçu dans l'intérêt des Italiens et évidemment également de l'Europe : donc il n'y a pas de prétendue rébellion, aucune prétendue désobéissance aux règles communes", a ajouté M. Conte devant la presse.

Les recettes orientées vers l'austérité ces dernières années ont échoué

"Il y a simplement un grand sens des responsabilités, une grande étude derrière ce budget, derrière chaque mesure", a-t-il noté.

Le chef du gouvernement a souligné que "la réduction de la dette (était) un objectif commun avec l'Europe" : "Nous sommes en train de travailler à (sa) réduction" en "orientant le pays vers la croissance".

"Nous voulons un pays plus compétitif (...) Les recettes orientées vers l'austérité ces dernières années ont échoué. Ceci est notre recette", a-t-il encore affirmé.

Nous, des pas en arrière, nous n'en faisons pas

Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, leader de la Ligue (extrême droite), un des deux partis de la coalition au pouvoir, avec le Mouvement 5 étoiles (M5S), a lui été encore plus offensif.

"Nous, des pas en arrière, nous n'en faisons pas", a-t-il affirmé, en soulignant qu'il ne renoncerait notamment jamais à la réforme de la loi sur les retraites, qui prévoit un départ facilité.

"Je ne veux me disputer avec personne, mais je dois choisir entre Bruxelles et les Italiens et le choix est facile. Je demande le respect pour le peuple italien", a-t-il encore lancé.

C'est ce même respect que le commissaire européen Pierre Moscovici a aussi demandé à l'Italie, dans un entretien jeudi avec le Corriere della sera.

"Je ne suis pas le père Noël, je suis le commissaire aux Affaires économiques et je pense que ces questions doivent être traitées avec respect réciproque, sérieux et dignité", a-t-il affirmé.

La veille, M. Salvini avait ironisé sur la décision de Bruxelles de rejeter le budget italien : "La lettre de l'UE est arrivée ? J'attends aussi celle du Père Noël".

Les médias italiens spéculaient depuis mercredi sur la possibilité que le gouvernement italien revoit sa copie pour tenir compte des remarques de la Commission.

 

Réaction de Giuseppe Conte, le 1er ministre italien:

Traduction: "Nous allons discuter avec le Président (Juncker). Comme vous le savez, je suis invité samedi soir à souper, et ça sera une confrontation constructive. Nous expliquerons nos positions et nous évaluerons comment procéder. Nous sommes toujours convaincu de notre plan. C'est un plan que nous avons minutieusement préparé. Nous sommes convaincus du concret de notre plan de politique économique, et donc nous serons heureux d'évaluer les prochaines étapes"

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