Budget fédéral: pour la mutualité et les syndicats chrétiens, le problème, c'est le manque de recettes

Budget fédéral: pour la mutualité et les syndicats chrétiens, le problème, c'est le manque de recettes
Budget fédéral: pour la mutualité et les syndicats chrétiens, le problème, c'est le manque de recettes - © THIERRY ROGE - BELGA

Le gouvernement fédéral doit se pencher sur les recettes de l'Etat plutôt que sur les dépenses pour élaborer un budget en équilibre en 2018, ont plaidé vendredi les syndicats chrétiens ACV et CSC, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC), la Mutualité chrétienne ainsi que beweging.net lors d'une conférence de presse commune. Les organisations ont formulé douze propositions de réformes structurelles afin d'augmenter les recettes et de mettre en place une fiscalité équitable.

Selon les organisations, la sécurité sociale a suffisamment fait les frais des mesures d'économies lors des derniers conclaves budgétaires, notamment 902 millions en soins de santé cette année. Le gouvernement fédéral doit donc adopter une fiscalité juste pour faire contribuer les groupes qui ont échappé aux mesures d'économies, plaident-elles. Les syndicats et la mutualité souhaitent un élargissement de la base fiscale et l'augmentation de l'effet redistributif de la taxation.

Un manque de recettes

"Nous constatons que le problème d'équilibre budgétaire n'est pas un surcroît de dépenses mais un manque de recettes", explique Christian Kunsch, président du MOC. "La sécurité sociale ne peut être la variable d'ajustement budgétaire."

Les dépenses de la sécurité sociale n'explosent d'ailleurs pas, souligne Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne. Elles augmentent en valeur absolue mais restent stables par rapport au PIB. "Soyons réalistes, les dépenses en sécurité sociale vont augmenter les prochaines années en raison du vieillissement de la population", ajoute-t-il. "Il faut accompagner cette augmentation, comme nous l'avons fait dans le passé."

Les organisations partenaires ont donc formulé douze propositions de réformes structurelles afin d'augmenter les recettes de l'Etat. Elles plaident notamment pour l'instauration d'un impôt sur les plus-values, un impôt progressif sur les grosses fortunes à partir d'un million d'euros, l'imposition des revenus locatifs réels ou encore la fin des aides accordées aux entreprises pour convertir les avantages salariaux en d'autres avantages non soumis à l'impôt.

La CSC veut éviter les réformes qui portent atteinte aux droits des travailleurs, aux allocataires sociaux et aux soins de santé, ajoute sa secrétaire générale Marie-Hélène Ska. "Une vraie réforme structurelle prévoit qu'un euro rapporte de la même manière que l'on travaille, qu'on spécule ou qu'on hérite. L'Etat ne doit pas seulement protéger les investisseurs et le capital mais aussi les travailleurs. C'est le contrat social entre un Etat et ses citoyens."

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