Budget des communes: un équilibre qui cache une dette sur l'avenir

Les communes vont bien mieux financièrement qu’il y a six ans, mais cet équilibre budgétaire a un prix qu’il faudra sans doute payer plus tard.

Quelle est la situation financière des communes?

On a plusieurs fois entendu, durant cette campagne, des bourgmestres se plaindre de leur manque de moyens et du manque de marge de manœuvre dans leurs investissements.

Financièrement, il semblerait pourtant que les communes vont plutôt bien. Elles sont quasi toutes, au moins, à l’équilibre budgétaire, ce qui veut dire qu’elles ne perdent pas d’argent.

Globalement, sur l’ensemble du pays, il y a même un petit excédent: 85 millions d’euros de boni en Wallonie et 14 millions à Bruxelles. Cet excédent est bien supérieur à celui d’il y a six ans, à la fin de la législature précédente.

Comment expliquer un bilan si positif?

Parce que les communes n’avaient pas le choix. Depuis quatre ans, les pouvoirs locaux sont aussi pris en compte dans le calcul du budget belge qu’il faut remettre à l’Europe.

Cette dernière impose des règles très strictes à ses États membres, qui ne peuvent pas dépasser un certain déficit. Avant, c’était surtout le fédéral et les régions qui faisaient les efforts, mais depuis 2014, les communes aussi ont des contraintes pour dépenser moins.

Les communes sont obligées de faire de grosses économies. Par conséquent, elles  se sont moins endettées et évidemment, à la fin, le bilan est meilleur.

Au détriment de qui?

Il y a moins de fonctionnaires communaux qu’avant, une première depuis la fusion des communes.

À court terme, cela représente des économies, mais "en économisant fortement sur les dépenses de personnel et en recourant encore davantage à du personnel contractuel, on a aggravé le problème de financement des pensions, qui était déjà bien présent", explique Arnaud Dessoy, spécialiste des finances locales chez Belfius.

On est face à un des plus gros enjeux de la prochaine législature pour les communes: "La facture sera vraiment très élevée et va augmenter de façon exponentielle au cours de ces prochaines années", pronostique Arnaud Dessoy.

Les communes ont sabré dans les investissements

Écoles, centres sportifs, bibliothèques, mobilité sont concernés à long terme: "c’est quelque part une dette cachée puisque si on n’entretient pas l’ensemble des infrastructures existantes, ce sont finalement des charges, au même titre que les pensions sont une charge que l’on reporte sur le futur, et donc ce n’est évidemment pas idéal", commente Arnaud Dessoy.

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