Brussels Airlines, réductions de salaires pour sauver l’emploi : une première ?

Hier, les pilotes de Brussels Airlines ont fait une offre courageuse pour sauver leur emploi, en proposant à la direction une réduction "significative", jusqu’à 45% de leur temps de travail et de leur salaire jusqu’en 2023. Cela permettrait à la compagnie aérienne de réaliser jusqu’à 100 millions d’euros d’économies.

Pour Evelyne Leonard, professeur en économie du travail à l’UCLouvain et spécialiste de la concertation sociale, cette proposition semble inédite sur plusieurs points. "Tout d’abord, car elle émane d’une catégorie de travailleurs qui s’engagent par solidarité avec leurs pairs et avec d’autres métiers (hôtesses, stewards). Ensuite, de par son ampleur d’une durée de trois ans. Enfin, parce qu’elle regroupe plusieurs acteurs. Nous ne sommes plus ici dans une négociation bilatérale classique mais dans un dialogue rassemblant d’avantage d’acteurs : Brussels Airlines et par extension, la Lufthansa, le personnel navigant, les syndicats et le gouvernement fédéral qui conditionne son aide à des garanties sur l’avenir".


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D’habitude, cela vient d’en haut

Evelyne Léonard cite quelques précédents à l’offre des pilotes de Brussels Airlines. A la différence que ces autres propositions de réductions de salaires émanaient, elles, de la direction.

En 2009 en France, le géant informatique américain Hewlett-Packard avait annoncé à ses employés qu’il allait diminuer les salaires en échange de la préservation des emplois. Le PDG s’était engagé à une réduction de 20% de son salaire. -15% pour le comité de direction, -10% pour les autres dirigeants, -5% pour les cadres et -2,5% pour les non-cadres. Si la mesure était instantanément applicable aux employés américains de l’entreprise, en Europe, la législation sociale ne l’avait pas permis. Chaque salarié étant libre d’accepter ou non la proposition de modification de son contrat de travail.

Plus récemment, en avril 2020, le groupe Technicolor a demandé à ses salariés d’accepter une baisse de salaire "sur une base volontaire". Le directeur général Richard Moat s’étant déjà appliqué une réduction de 25% pour faire face aux effets de la crise du Covid-19. "Richard Moat a demandé aux membres du comité exécutif de consentir une réduction de 20% et encourage tous ses employés à participer à cet effort sur une base volontaire" expliquait dans un communiqué le groupe de technologie et production d’effets vidéo.

Reportage dans notre journal télévisé du 20 mai: