Bras de fer entre le groupe Mestdagh et six de ses franchisés

Six franchisés de Mestdagh demande à la Justice de désigner un expert pour vérifier comment le groupe engrande autant de bénéfices alors qu'ils sont aux abois. Les deux frères Mestdagh se déclarent sereins.
Six franchisés de Mestdagh demande à la Justice de désigner un expert pour vérifier comment le groupe engrande autant de bénéfices alors qu'ils sont aux abois. Les deux frères Mestdagh se déclarent sereins. - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

La Libre annonçait la nouvelle ce matin. Six franchisés de Mestdagh ont assigné le groupe devant le tribunal du commerce de Charleroi. Ils veulent comprendre comment les comptes du groupe sont très positifs alors que la majorité des franchisés sont en état de faillite virtuelle. L'audience aura lieu vendredi.

Le groupe Mestdagh compte 29 franchisés qui réalisent un peu moins de 30 % du chiffre d'affaires total. Jusque-là, rien que de très normal. Là où cela se corse, c'est que plus de vingt d'entre eux perdent de l'argent, voire même sont à deux doigts de fermer boutique. En 2011, une étude du Service Public de Wallonie avait calculé que, sur les 32 franchisés de l'époque, 21 étaient en déficit.
Cette situation très inconfortable interpelle les franchisés. Roland Vandendriesche préside la Pacaff, l'association qui représente une petite dizaine d'affiliés. Il ne comprend pas comment le groupe est largement bénéficiaire alors que les franchisés tirent le diable par la queue: "Quand on voit que derrière le rideau, il y a des bilans qui sont en extrême confort, on se dit, attendez, c'est facile! On nous laisse dans la merde, excusez-moi, et de l'autre côté on est dans les choux gras".

Une question de marge

Selon les affiliés, l'explication pourrait venir de la marge. Contractuellement elle est fixée par contrat, c'est clair et admis par tout le monde. Par contre, ils se demandent si le groupe ne réalise pas des bénéfices plus importants sur les produits. Autrement dit, si sur un produit qui leur est vendu à 10 €, le franchiseur ne réalise pas déjà un bénéfice préalable. C'est pour en avoir le cœur net qu'ils demandent au tribunal de désigner un expert indépendant. Il pourrait étudier de près la période 2007-2011, la plus difficile pour les franchisés. Nous avons contacté Eric Mestdagh. Il ne souhaite pas réagir mais il se dit serein.

Michel Visart

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