Boeing 737 MAX cloués au sol, Brexit… Ces menaces qui pèsent sur le secteur de l'aéronautique

Le dossier d’Écomatin était consacré ce mercredi au salon aéronautique du Bourget. Avec plus de 1600 appareils livrés par Airbus et Boeing en 2018, on pourrait croire que tout va pour le mieux dans le secteur. Et pourtant, les nuages s’accumulent sur les avionneurs : retour du protectionnisme des Etats-Unis, incertitudes autour du Brexit, Boeing 737 MAX cloués au sol depuis le mois de mars, commandes d’avions en berne depuis le début de cette année… Il y a plus d’annulations que de commandes. Le patron de Sonaca, Bernard Delvaux, suit la situation de très près.

"Il y a eu un certain nombre de mauvaises nouvelles, reconnaît Bernard Delvaux, le patron de Sonaca. Ça a commencé par l’annonce de l’interruption du programme de l’A380 et aussi avec un certain nombre de ventes qui, depuis le début de l’année, ne sont pas très impressionnantes. Peut-être vont-elles être corrigées par les annonces au Bourget, je l’espère en tout cas."


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Les deux accidents qui ont immobilisé les Boeing 737 MAX sont aussi un vrai souci pour l’industrie. "Ça nous impacte modérément pour l’instant, tempère Bernard Delvaux. […] Aux États-Unis, nous avons beaucoup de travail sur les 737 MAX, mais pour l’instant nous continuons à des cadences qui sont proches des cadences de l’année passée. Si ça ne se prolonge pas trop, nous n’aurons pas trop d’impact. Si évidemment l’avion était cloué au sol de nombreux mois, ce serait différent. Mais tout ça ne va évidemment pas dans le sens d’une croissance sans limites et nous oblige à faire en permanence des efforts d’adaptation, de sorte à recréer des marges."

A l’inverse, Giovanni Sanna, qui représente l’usineur Britt Mustad & Britt, basé en région liégeoise, ne voit pas cette situation d’un bon œil. "Nous sommes fabricants de composants pour le moteur Leap, qui équipe les 737 MAX. Nous avons constaté un recul léger des plannings. Je pense que la situation va se régulariser au niveau de Boeing d’ici la fin de l’année et ce sera un épisode dans la vie d’une société comme un autre, mais je ne crois pas que ce sera une grande catastrophe pour l’ensemble des sociétés qui participent à ce programme."

La menace d’un Brexit sans accord

Quant aux Brexit, il menace aussi sérieusement l’industrie aéronautique. En particulier si le Royaume-Uni devait sortir de manière désordonnée de l’Union européenne.

Pour Bernard Delvaux, "le Brexit est une énorme incertitude. La certification en est une, toute la problématique administrative en est une autre, et ce n’est pas un secret de dire qu’une bonne partie de la production d’Airbus, et en particulier sur l’A320, qui est le blockbuster d’Airbus, se fait au Royaume-Uni. L’A320, l’A220, le CSeries, là aussi l’aile se fabrique à Belfast. Donc, dans tous les cas, je crois qu’Airbus serait très négativement et très massivement impacté par un Brexit incontrôlé".

Reste cette note d’optimisme : les carnets de commandes d’Airbus et de Boeing représentent sept à neuf ans de production. Une donnée rassurante pour les sous-traitants. Même si, pour eux, le problème n’est pas tellement la croissance de l’activité. Le vrai défi, ce sont les marges et comment les préserver face à la pression constante de Boeing et d’Airbus, qui constituent en plus un duopole de plus en plus dominant.

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